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Les premiers maquisards azuréens
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Dans le Var, les MUR ont essayé de constituer de petits maquis mais, difficiles à tenir, ils ont été vite dissous ; les jeunes sont plutôt camouflés par des paysans, et surtout des exploitants forestiers. Il faudra novembre 43 pour que les MUR fondent dans la région de Mons un maquis véritable.
Beaucoup de jeunes désirent se cacher mais ne tiennent pas à se battre et à mener l'existence précaire et aléatoire des maquis. Les chantiers forestiers, non soumis aux réquisitions de main-d’œuvre, sont leur providence même si le travail y est souvent très pénible et la rémunération maigre. Plusieurs de ces chantiers –dans les Maures par exemple- ont été créés dans un but de camouflage, en attendant le débarquement pour participer à la lutte armée. Vues les difficultés, dans toutes les organisations, la montée des jeunes au maquis n’est envisagée que pour les plus motivés, les plus sûrs ou les militants grillés. Parmi les chantiers-camouflages du Var, le plus important est celui qui se crée dans les bois de Pelenq (Moissac-Bellevue, Regusse) en juillet 1943. Ses responsables, UNGEMACHT « Bénédicte », TAILLEFER et SCHMIRER, viennent de Marseille où ils étaient déjà en cheville avec la Résistance (réseau de renseignement, mouvement Combat). Désireux de trouver un lieu de repli et une couverture, ils ont monté ce chantier, avec l’appui tatillon des Eaux et Forêts, pour accueillir jusqu’à une cinquantaine de bûcherons (républicains espagnols, juifs, réfractaires). Obligé de vivre sur sa propre production forestières, sans contact au départ avec la Résistance varoise, ils se sont constitués en entreprise autogérée, mettant sur pieds une expérience communautaire originale. Par la suite, des contacts noués avec l’ORA ont permis d’obtenir un parachutage d’armes puisque le chantier devait être transformé en groupe de combat au jour J.
De leur côté, les FTP se refusent à cette attente et préconisent le harcèlement par de petits groupes mobiles. C’est dans ce but que se crée le maquis des Maures dans les bois de Saint-Maxime vers février 1943. C’est l’un des tout premier maquis de Provence et l’un des plus importants. Il mériterait à lui seul une étude détaillée. Composé de militants et de réfractaires, parfois membres de groupes F.T.P. « légaux » du Var (Toulon-La Seyne), des Bouches-du-Rhône (Marseille, La Ciotat) et de Nice, il est entretenu et ravitaillé dans ces conditions plus que difficiles par les groupes des localités voisines. Repéré par les gendarmes, le maquis subit son premier coup dur le 4 mai avec l’arrestation de 10 des siens, soit la majorité, et la saisie d’un matériel qui souligne la faiblesse des moyens (8 fusils de chasse et 500 cartouches, 1 carabine, 5 revolvers et 51 cartouches, etc …). Les rescapés (Pierre VALCELLI de Salernes, Marcel BATTAGLIA de Sainte-Maxime, Paul ROSSI, etc…à rejoignent un groupe installé près de Mayons, composés de Toulonnais en relation avec les FTP et l’AS. C’est là, à Cargues, que se structure le camp FAITA, du nom du jeune communiste guillotiné à Nîmes, sous la direction de Jean BERTOLINO, syndicaliste évadé du camp d’internement de Saint-Sulpice la Pointe, et du responsable départemental FTP, René FAURITE. Ses effectifs grossissent, les mineur du Luc et du Cantal fournissent des explosifs, les cheminots de Carnoules renseignent et ainsi les premières actions peuvent avoir lieu (sabotages contre la ligne de chemin de fer ou contre les locomotives par exemple à Carnoules le 4 juillet et encore le 25 août : 5 et 7 locomotives endommagées par les explosifs bricolés par les artificiers du groupe, récupération d’armes sur les Italiens, récupération de tickets dans les mairies). Ces actions ne cessent de s’étendre en nombre (en particulier à la fin août), en efficacité et en distance (jusqu’à Marseille). Un début de décentralisation intervient en août avec l’essaimage à Saint-Martin de Pallières où les GMR interviennent, en vain, sur dénonciation. Cette dispersion est d’autant plus nécessaire qu’avec la débâcle italienne de septembre le maquis recueille des soldats qui essaient d’échapper aux Allemands et gonfle jusqu’à près de 200 membres. Ce n’est qu’à ce moment-là, grâce aux armes récupérées un peu partout, qu’il est réellement armé. Outre des problèmes internes (organisation, ravitaillement, surveillance de ces soldats dont on se méfie), cet afflux d’hommes attire la répression. Attaqué par les GMR les 27 et 28 septembre, le maquis se replis à la Chartreuse de la Verne, puis, après une action allemande, sur les pentes de Notre-Dame des Anges avant de descendre dans le Var moyen en se dispersant (Flassans, Brue-Auriac, Signes, Saint-Maximin). Les actions ne sont pas interrompues pour autant : attaques d’Allemands isolés, exécutions de dénonciateurs sabotages parfois spectaculaires comme celui du pont de Saint-Jean du Var le 22 octobre, etc. Devenu la 1ère compagnie FTPF de Prvence, le camp Faita sert aussi de réservoir de cadres pour les groupes FTP de toute la région et il est un bon exemple du caractère régional de la Résistance. La pression allemande et une série de « chutes » contraignent la compagnie au repli ; entre novembre et janvier, ses responsables sont décimés par les arrestations (BERTOLINO, VALERIE, BOUCHARD, etc.) et, le 2 janvier 1944 le détachement MARAT a été anéanti à Signes (9 morts plus un berger, 2 arrestations). Loulou le Tatoué, un ancien du camp, dénonce ses camarades, d’où l’attaque d’un autre groupe à Brue-Auriac le 16 janvier et l’arrestation du responsable technique René BATTAGLIA (dont un des frères a été tué à Signes). De plus, les gendarmes de Barjols tuent un maquisard et en blessent deux autres le 23 février. Fin février-début mars, la compagnie se replie donc par petits paquets vers les Basses-Alpes, sous la direction de Félix DIANA. Les liens ne sont pas rompus pour autant avec le Var car les filières continuent à fonctionner. Une sorte de camp de triage est installé à Gassin dans la propriété de l’anglais MULTON pour diriger des jeunes vers le maquis et la 1ère compagnie sera à l’origine de deux camps dont on parlera plus tard : le camp ROBERT et le détachement BATTAGLIA.
Le noyau d’un autre camp FTP a commencé à s’organiser dans les environs de Claviers, autour de MANZONE, mais il ne se développera que par la suite parallèlement à un maquis de réception de parachutage 5SAP) au nord de Seillans.
Dans un secteur voisin, l’AS a monté un maquis qui changera, lui aussi, à plusieurs reprises d’emplacement entre Mons et Baudinard. Ravitaillé et supervisé par PICOCHE et MARQUIS, il draine de petits groupes de jeunes planqués par des résistants MUR de tout le département. En février 1944, le lieutenant « VALLIER » est désigné pour le commander et l’entraîner. Atteignant un effectif d’une cinquantaine de maquisards d’opinions diverses, on se doute qu’il ne s’agit pas là d’une mince affaire. [haut de page]
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