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à travers deux récits : - le journaliste Roger MONTEUX : Dans le cadre de l'intégration des "Forces Françaises de l'Intérieur" dans l'Armée française débarquée en août 1944, le commandant F.F.I. des A.M. avait créé, à l'automne 1944, un bataillon où étaient rassemblés les combattants étrangers des F.F.I. du Sud-Est : le bataillon 21/XV.
- l'ambulancière Suzanne BALZAN: En août 1944, Suzanne BALZAN, ambulancière conductrice, est affectée par la Croix-Rouge au service sanitaire de Menton, occupée par les Allemands. Elle assiste à l'arrivée des troupes allemandes chassées de Nice.
- Le récit de Roger Monteux -
Dans le cadre de l’intégration des « Forces Françaises de l’Intérieur » dans l’Armée française débarquée en août 1944, le commandant F.F.I. des A.M avait créé, à l’automne 1944, un bataillon où étaient rassemblés les combattants étrangers des F.F.I. du Sud-Est : le bataillon 21/XV. Ce bataillon tint d’abord, au début de l’hiver, le secteur de Menton, puis il fut déplacé dans la Tinée, où il participa à l’assaut final du mois d’avril, se terminant par le passage en Italie. Voici comment, en 1945, le journaliste Roger Monteux a décrit, avec des accents lyriques, les combats de ces volontaires étrangers sur les crêtes du Mercantour. La libération de Nice accomplie, les volontaires qui, sans distinction de nationalités avaient, avec élan, rejoint ceux qui luttaient déjà pour la liberté, affluèrent dans les bureaux de recrutement, si bien que l’Etat-major F.F.I des Alpes-Maritimes décida la création de bataillons composés d’engagés volontaires, sous le commandement de chefs ayant déjà fait leurs preuves à la guerre comme dans la clandestinité. La tâche étaient ardue, car nulle armée organisée n’existait encore sur ce territoire récemment libéré. Comme bien des étrangers se trouvaient parmi ces volontaires, l’Etat-Major F.F.I, composé du colonel Sapin (Lécuyer), du commandant Malherbe (Gauthier), du commandant Job (Jamme) et du capitaine André 5cavenago) jugea judicieux de grouper les étrangers dans une seule unité. C’est ainsi qu’il fut décidé de créer à Nice un bataillon de volontaires étrangers, dont le commandement revient au commandant Michel . Ce dernier, officier d’origine hongroise après avoir combattu dans la clandestinité, secondé par le capitaine Claude, et le sous-lieutenant Goldberg, allait mettre sur pied le fameux bataillon 21/XV. Plusieurs groupes de partisans italiens, venus pour la plupart de leur pays, et dont le tri fut confié au Comité de Libération italien et au chef M.O.I. Dino, furent incorporés. Ils formèrent le 3° compagnie de bataillon. Les combattant M.O.I qui avaient déjà un nombre considérables d’actions à leur compte, vinrent s’ajouter, d’autres rejoignant des unités F.T.P. Lorsque, quelques semaines plus tard, les bataillons issus des F.F.I furent amalgamés dans l’armée, le bataillon devenait le 21° Bataillon de la XV° Région militaire (Bataillon 21/XV). Dans les trois compagnies constituées, on dénombrait 20 officiers, dont un officier supérieur, 61 sous-officiers et 380 hommes. A l’effectif du Bataillon furent adjoints : Une compagnie du Train – Un groupement d’artillerie – Un groupe muletier.
Qui était le « Commandant Michel » ?
Le commandement F.F.I des A-M, désigna, pour commander le bataillon 21/XV, un combattant étranger du maquis. Miklos ZOLDELHYI, d’origine hongroise, avait été officier dans l’armée de son pays. Lors de l’insurrection franquiste en Espagne, il s’engagea pour la défense de la République espagnole dans les Brigades Internationales où il fut officier supérieur. Réfugié en France en 1939, il y organisa, sous l’occupation allemande, des groupes de résistants étrangers. En février 1944, il passait au maquis. Le commandement F.F.I des Alpes-Maritimes avait trouvé en lui l’homme qualifié pour créer et commander le bataillon de volontaires étrangers.
A la mi-septembre 1944, les hommes montaient en ligne avec leurs vêtements et chaussures civils, et une couverture personnelle, état de chose qui dura près d’un mois. L’intendance régionale de Marseille fit parvenir certains équipements, mais les chaussures firent défaut, et cela fut tragique au point culminant de la campagne, lors des rudes mois d’hiver, où, lors des gardes et des patrouilles en montagne, les chaussures étaient dans un état lamentable, et où ceux qui redescendaient à l’arrière devaient prêter leur brodequins aux camarades qui montaient aux premiers échelons.
Grâce aux efforts constants du sous-lieutenant Goldberg et des hommes de sa section, les combattants mangèrent à leur faim. Enfin le lieutenant-médecin Stoléar, en tant que médecin-chef du Bataillon, monta une infirmerie modèle et put effectuer les interventions de première urgence.
Dans l’ensemble, le personnel sanitaire fut admirable, depuis le médecin-chef jusqu’aux ambulancières de la Croix-Rouge, sans oublier le caporal infirmier Gallo, l’adjudant médecin Lino Cerutti, payant de sa vie à Auron, le 26 février, au moment où il venait soigner des blessés dans un poste de secours avancé.
En janvier 1945 arrivèrent trois renforts. Le premier, vers Noël, était exclusivement composé de partisans italiens ayant réussi à franchir les lignes ennemies. Le deuxième comprenait des hommes venant de Marseille et de Tarascon. Le troisième, en mars 1945, suivait l’ordre du Commandement spécifiant que tout étranger en service dans un unité de la XV° Région militaire devait être incorporé au Bataillon 21/XV.
A l’effectif du Bataillon 21/XV, on comptait des ressortissants de 23 nations différentes. Au moment de leur engagement, il leur avait été demandé la volonté de se battre, et de n’avoir jamais collaboré avec l’ennemi. Le front des Alpes était garni de bataillons hâtivement recrutés et immédiatement envoyés en ligne. Ainsi, parfois de jeunes recrues apprenaient le matin à se servir pour la première fois d’une arme pour monter le soir la garde. Heureusement, parmi ces hommes certains avaient fait la guerre d’Espagne, le maquis ou la Légion étrangère.
On peut imaginer quelles difficultés représentait l’entraînement d’un groupe composé d’artilleurs espagnols, de marins italiens et d’anciens légionnaires encadrant des jeunes gens sans instruction militaire.
Le bataillon fut d’abord mis en ligne au bord de la mer, entre Cap d’Ail et Menton. Le 25 février 1945, le 21/XV en entier, sous les ordre du commandant Michel, prenait en camions, depuis Menton, le chemin de la Haute-Tiné où le PC du bataillon et la Compagnie de commandement allaient s’établir. Le 21/XV formait, avec le 24/XV, un groupe de bataillons placé sous le commandement du capitaine de vaisseau Guieu.
Dirigés sur Isola et St Sauveur, ils eurent pour mission de garder la route de St Etienne de Tinée ouverte, et de garder les accès à la rivière, menacés par l’ennemi. Ce fut une dure époque, pour ces hommes manquant de tout et au contact des premiers froids. Malgré quelques bombardements, l’ennemi ne réussit pas à s’infiltrer dans la vallée de la Tinée.
La 1° compagnie s’installait au Pont-Haut , et sa première section au Pra et à Vens. Aux avant-postes de Boussiéyas, du Camp et du col des fourches, s’étaient postées les 2° et 3° compagnies. La 4° compagnie prenait place au Bourguet, la compagnie de mitrailleuses et d’engins à Saint-Etienne de Tinée et au Tolondet, la compagnie d’éclaireurs-skieurs au Village de S-Dalmas le Selvage La mission et les combats
Les missions du bataillons étaient d’interdire l’accès de la Haute-Tinée et de défendre les centres de résistance du col des Fourches, de St Etienne et du Bourguet, de patrouiller dans la Région et de harceler l’ennemi qui, dans ce secteur, s’étaient assuré de puissantes positions , surtout au point de vue de l’observation. L’arrivée du 21/XV déclencha un formidable bombardement. Les patrouilles du bataillon purent néanmoins rapporter de précieux renseignements et faire de nombreux prisonniers.
Le 25 mars, le commandant Michel était avisé que son unité, ainsi que toutes celles stationnées dans la région étaient placée sous le commandement tactique de la 1° Division Française Libre, commandée par le général de brigade Garbay. Il recevait l’ordre d’attaquer de face et de tenter de prendre d’assaut les positions ennemies de Colla Longa.
A l’heure décisive de forcer ce front, dernier rempart du fascisme, ces hommes venus de tous les pays comprirent quelle grandiose mission les attendait. Au coude à coude, eux que la France de Daladier et celle de Pétain avaient traqués, refoulés, emprisonnés, eux que nos racistes avaient traités comme les derniers des parias, surent montrer à la France généreuse, celle des Droits de l’Homme et de la Commune, que l’idéal prolétarien uni à la défense des libertés et de l’égalité de toutes les races créait une force indivisible.
Et tous ceux du 21/XV, de l’ancien guérillero de la Sierra aux « partigiani » du Piémont, du Polonais ex-feldgendarme par force aux Juifs réfugiés de l’Europe centrale, du fantassin de la Volga évadé des camps allemands, au vieux baroudeur ex-légionnaire bardé de décorations des campagnes coloniales, s’apprêtèrent à bondir vers les fortins fascistes, pour le dernier assaut contre les tyrans : « Avanti… Worwaerts… En avant ! Poussée formidable vers l’aurore libératrice, annonciatrice d’espérance, vers un avenir de solidarité humaine.
Le 9 avril, parties du P.C. avancé de Douans, les unités mises en action gravissent la tête de la Gerpa, à 2200 mètres d’altitude, base de départ de l’échelon d’attaque. L’opération est rendue pénible par la tempête de neige qui crée de réelles difficultés, telles le refus des mulets de continuer leur chemin, et l’obligation pour les combattants de transporter une partie du matériel à dos d’homme. Dès 11h30, l’échelon d’attaque est installé sur sa base de départ, mais, ne raison des mauvaises conditions atmosphériques, il s’avérait impossible d’installer comme prévu les bases de feu sur la tête Cimon, à 2700 mètres d’altitude, indispensables pour attaquer Colla Longa. Il fallut donc renoncer à l’attaque frontale et passer à une action de harcèlement. Le décrochage s’opéra à 16h30, et, après quatre heures de marche, les unités regagnèrent leurs bases.
Le 12 avril, les éléments du 21/XV entreprirent à nouveau le harcèlement de Colla Longa et du Pas de Barbacane.
Le 17, ce fut une nouvelle attaque contre le Pas de Barbacane, ainsi qu’une manœuvre de diversion sur Colla Longa. Des éléements avancés approchèrent à 200 mètres des fortifications ennemies., à trois reprises. Sans aucun appui d’aviation ni d’artillerie, il leur fut impossible de franchir ces derniers 200 mètres, et ils durent une fois encore dévaler l’interminable descente vers Douans.
C’est alors que, dans un suprême effort, le 20 avril le bataillon 21/XV réussissait à forcer la passe en prenant d’assaut les fortins du Pas de Barbacane et en enfonçant les lignes ennemies sur les crêtes, opération hardie qui se déroula de façon impeccable que je vais raconter.
Au cours de la nuit, des groupes de Corps francs avaient réussi à s’infiltrer dans les lignes ennemies et à y occuper quelques points d’où, avec leurs armes automatiques, ils dominaient l’ennemi.
A 8 heures du matin, une section de voltigeurs enlevait d’assaut le première ligne de défense, et à 9 heures, tous les fortins du Pas de Barbacane étaient aux mains du 21/XV.
Le fortin en contrebas se trouvait donc sous le feu des nôtres. Il sauta deux nuits plus tard, à la suite de l’action d’éclat accomplie par quelques volontaires qui allèrent placer une forte quantité d’explosifs sous les portes blindés de l’ouvrage.
Dans ce combat, l’ennemi perdait morts, blessés et captifs ; de plus un butin important tombait entre nos mains.
Bientôt arrivèrent des renforts, car l’ultime combat restait à accomplir contre les forces fascistes et nazies. Après trois jours et trois nuits passés à plus de 2 500 mètres d’altitude en pleine neige, exposés à un violent tir d’artillerie, les contingents du 21/XV essuyèrent une massive contre-attaque qui fut repoussée et où l’ennemi perdit l’ensemble de l’effectif engagé, dont quatre officiers.
Vers l'Italie
Le 28 avril, les Corps francs pénétraient victorieusement dans les fortifications de Colla Longa, et le bataillon passait le Pas de Barbacane avec tout son matériel et ses mulets.
Cœurs battants pour tous les transalpins, nombreux au 21/XV, qui, après s’être battus sur leur terre d’accueil, fournissaient leur dernier effort pour libérer leur patrie, heure solennelle et décisive pour ces Garibaldiens, pour ces fils d’antifascistes ayant tout sacrifié dans une lutte terrible de vingt années, ainsi que tous ces frères de combat, ces immigrés réunis sous la bannière émancipatrice, et qui allaient vers le destin nouveau reprendre place au sein des nations resurgies de la nuit hitlérienne, tous ces Polonais et ces Tchèques, ces Autrichiens, ces Slaves qui n’avaient cessé de lutter contre la tyrannie et qui étaient là, au premier rang, pour briser les barrières de la liberté.
Le 28 au soir, le bataillon en entier descendait la vallée italienne vers les Bagni di Vinadio. Les jours suivants, en tête du dispositif de la Division, le 21/XV commençait une triomphale marche en accomplissant les étapes de Vinadio, Moiola, Gaiola, Roccasparvera, et enfin Cuneo.
Ils étaient reçus partout en libérateurs, au soleil printanier, à travers ce Piémont tout meurtri des bottes teutonnes, tout frémissant des guérillas des partigiani dont chaque sentier disait le sacrifice.
A Roccasparvera, le bataillon fut relevé du premier échelon et transporté à Sambucco dans la vallée de la Stura, pour un repos bien gagné. Le 9 mai 1945, c’est à Sambucco que ceux du 21/XV apprirent la fin de la guerre européenne.
Les 450 Italiens du bataillon furent démobilisés sur place et le chef du bataillon Michel conduisit ses hommes dans un défilé inoubliables, sous les acclamations d’une population qui avait pavoisé les maisons de Cunéo aux couleurs franco-italiennes.
Le reste du bataillon fut ramené en camion à Puget-Théniers, après avoir travaillé à réparer la route du Col de Larche, que l’ennemi avait fait sauter en plusieurs points. La cité martyre organisa une cérémonie où furent évoqués les héros morts face à l’ennemi, où furent remises 37 croix de guerre, sur les poitrines de 37 braves du 21/XV. La citation suivante était attribuée au bataillon :
Général de Brigade Garbay commandant la 1° D.F.L. à Monsieur le commandant Michel commandant le Bataillon 21/XV
Je croyais vous avoir dit avant mon départ le souvenir que garde la 1° D.F.L. de la bataille livrée en commun pour libérer les derniers territoires français des Alpes-Maritimes et aider les armées alliées à chasser l’envahisseur allemand d’Italie du nord.
Nous avons souvent admiré le moral de vos volontaires qui, mal équipés et mal ravitaillés, ont magnifiquement tenu leurs positions délicates à la jonction de deux divisions et sont partis à l’attaque avec ardeur dans un terrain particulièrement difficile et malgré les intempéries.
Vos combats au Pas de Barbacane et de Colla Longa, les pertes que vous avez infligées à l’ennemi en tués et prisonniers, votre descente dans la vallée de la Stura ont sérieusement aidé à notre victoire. [haut de page]
-Carnet journalier de Suzanne Balzan - avril 1945
En août 1944, Suzanne Balzan, ambulancière conductrice, est affectée par la Croix-Rouge au service sanitaire de Menton, occupé par les Allemands. Elle assiste à l’arrivée des troupes allemandes chassées de Nice. La Croix Rouge l’affecte par la suite à St Martin du Var pour évacuer les blessés des trois vallées : Vésubie, Tinée, Cians. En avril 1945, elle est détachée avec son ambulance au bataillon 21/XV, à St-Etienne de Tinée, plus précisément au hameau de Douans, base arrière des troupes qui vont attaquer sur Colla Longa et le Pas de Barbacane. Suzanne Balzan est devenue Madame Stoléar.
| Mercredi 4 avril |
| 10h – |
arrivée de Mle Suffren à St Etienne de Tinée |
| 14h – |
Départ de Mlles Frahier et Ferri |
| 15h – |
Arrivée de Mlle Balzan on constate que l’ambulance est absolument dégoûtante, un seul brancard préparé, un autre déchiré inutilisable, aucun outillage, même pas une manivelle. |
| 23h – |
Retour des deux patrouilles parties depuis 7 heures. Tout le monde va bien, mais il y a eu un accrochage avec les Allemands. |
| Jeudi 5 avril |
| 14h30 – |
On monte à Douans avec le docteur pour préparer des postes de secours en vue de la prochaine offensive. Le premier poste sera très proche des lignes, à trois heures de marche de l’endroit jusqu’où pourra monter l’ambulance, et il y aura deux postes similaires. |
| vendredi 6 avril |
| 11h – |
Leçon de secourisme aux 16 futurs brancardiers pour les trois postes de Douans |
| 14h – |
Leçon de brancardage en montagne et démonstration (du fonctionnenement) de l'ambulance |
| 16h – |
Retour des patrouilles. il y a eu un accrochage. Nous avons un mort et deux blessés légers qui sont soignés ici à l'infirmerie. |
| Arrivée de camions avec une ambulance chirurgicale de la D.F.L. quatre tonnes de matériel. |
| samedi 7 avril |
| 10h – |
L’ordre de départ arrive pour Douans. L’ambulance devra partir à 18 heures. |
| 18h – |
Contrordre : l’ambulance ne montera que demain à 7 heures. La compagnie de mitrailleurs et les muletiers montent déjà à Douans. |
| 23h – |
D’autres compagnies partent, le premier groupe du service de santé également |
| Dimanche 8 avril |
| 7h – |
Nouveau contrordre : l’ambulance essaiera de monter à Douans à 14 heures. Il neige très fort. L’attaque est remise à demain. |
| Lundi 9 avril |
| 8h – |
Départ pour Douans ; arrivée à 9h. Nous montons à pied tout le matériel au premier poste de secours qui est à 2 heures de marche |
| 9h – |
Arrivée de deux ambulances légères à un brancard, car la route est très étroite |
| 13h30 – |
L'attaque est déclenchée ; du 1er poste nous apercevons et entendons les mortiers et mitrailleuses |
| 16h– |
Le feu cesse. Les hommes redescendent. Il n'y a aucune riposte du fortin allemand, mais les hommes n'ont pu monter à cause de la neige. L'attaque recommencera mercredi. |
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14h–
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On nous apprend que le lieutenant des Corps francs s'est blessé à l'épaule en étant renversé par un mulet. Nous montons avec des brancardiers pour le descendre au poste. Le docteur constate une fracture de la clavicule, puis on le descend à Douans. Cette descente a duré 4 heures. Là, une des ambulances monoplaces l'évacue. Il a surtout souffert du froid, car le vent n'a pas cessé de la journée, balayant la neige fraîche. |
| Mardi 10 avril |
| 11h – |
Visite de Mme Gaillard |
| 15h – |
Nous montons à Douans lui faire voir l'infirmerie |
| 19h– |
Retour de la patrouille, qui n'a pas réussi à prendre le fort de Barbacane, mais a fait 17 prisonniers. |
| Mercredi 11 avril |
| 11h – |
Départ de Mlle Gaillard avec la Renault. Nous restons avec la Citroën à un brancard. |
| 14h30 – |
Voyage à Douans pour transport de médicaments avec la Citroën |
| 23h– |
Départ de patrouilles pour le fort de Barbacane |
| Jeudi 12 avril |
| 7h – |
Départ à Douans. Nous montons à pied au 3° poste. |
| 15h – |
Retour de la patruille de nuit, qui est allée à 200 mètres du fort de Barbacane, mais n'a pu le prendre. Un coup de mortier a tué deux fascistes et blessé un troisième. |
| 17h– |
Retour à St Etienne. Pas un homme n'a été blessé ni accidenté. |
| Vendredi 13 avril |
| 7h – |
Départ pour Douans, nous nous installons au 3° poste. Le temps est superbe. Les patrouilles aujourd'hui pourront atteindre leur but. |
| 16h – |
Retour des patrouilles. Il y a eu échange de coups de mortiers et de mitrailleuses ; pas de blessés; les nôtres ont réussi à faire un prisonnier |
| 18h– |
Retour à St Etienne où l'on annonce que les opérations vont être interrompues deux ou trois jours. |
| Samedi 14 avril |
| 8h – |
Mlle Balzan descend à Nice pour acheter des médicaments indispensables pour les prochains jours. |
| 15h – |
Visite de Mlles Nadaulle et Muller, qui ont amené deux blessés d'Isola à la salle de chirurgie installée ici par la D.F.L. |
| Dimanche 15 avril |
| Aucune opération aujourd'hui. Arrivée du Corps franc pour l'attaque |
| Lundi 16 avril |
| 9h – |
Evacuation à Nice d'un prisonnier italien blessé dans le dos et d'un soldat (pieds brûlés) pour l'hôpital de la D.F.L.à Beaulieu, hôtel Bristol |
| Mlles Madaulle et Mullet viennent deux fois amener des blessés d'Isola. |
| Mardi 17 avril |
| 8h – |
Départ pour Douans avec les troupes qui doivent prendre aujourd'hui le fort de Barbacane |
| 17h – |
Les troupes reviennent sans avoir pris le fort. La bataille a été très dure, ils ont recommencé l'attaque deux fois, mais en vain.Heureusement, pas de blessés. |
| Mercredi 18 avril |
| Plus d'opération. Au camp des Fourches, huit Italiens sont venus se rendre |
| 18h – |
L'ambulance monte à Auron chercher une fillette pour la descendre à l'hôpital de St Etienne où on l'hospitalise pour bronchite |
| Jeudi 19 avril |
| 8h – |
Mlle Suffren descend à Beaulieu à l'hôpital de la D.F.L. pour une petite opération |
| 15h – |
La D.F.L. demande notre ambulance pour descendre à leur hôpital de Beaulieu deux blessés d'un coup de mortier à Isola. Voyage pénible : deux crevaisons. Je rentre à St Etienne à minuit après avoir emprunté une chambre à air à la police car à 7h, je dois partir pour les grandes opérations. |
| Vendredi 20 avril |
| 7h – |
Départ pour Douans. Toute la nuit, les compagnies sont montées et ont commencé à l'aube l'attaque du fort de Barbacane |
| 9h – |
Le fort est pris. 8 prisonniers italiens et un blessé : j'attends au P.C. son arrivée. |
| 12h – |
Réaction de l'artillerie allemande sur le fort |
| 13h – |
On apprend qu'à St Etienne huit Italiens viennt de se rendre, ayant abandonné le fort. |
| 15h – |
Arrivée au P.C. du prisonniers blessé, qui est brancardé par les autres prisonniers : éclat dans la cuisse. On l'évacue à St Etienne. |
| 17h – |
L'artillerie allemande tire sur Douans, un éclat tombe tout près de moi et de la voiture, un autre atteint la voiture du commandant |
| 18h – |
On apprend que les casernes de Barbacane résistent toujours. D'après les prisonniers, il n'y aurait que deux Allemands. |
| 18h30 – |
Arrivée de Mlle Suffren qui va très bien |
| 19h – |
Retour à St Etienne, nous préparons notre paquetage pour bivouaquer à Douans au 1° poste de secours |
| 21h – |
Nous nous installons à Douans |
| Samedi 21 avril |
L'artillerie allemande continue de bombarder le fort de Barbacane. Nous avons un mort. Les cassernes n'ont pu être prises. Les hommes ont eu très froid la nuit sur les crètes, ils sont fatigués. |
| 18h – |
Ils sont relevés |
| 23h – |
Deux soldats ont réussi à se glisser près des casernes pour placer 11 kg de plastic. Forte explosion, mais la porte ne saute pas et on ne sait pas s'il y a toujours des hommes à l'intérieur. |
| Dimanche 22 avril |
| 9h – |
On nous signale un blessé ; quand il arrive, le docteur constate que son oeil gauche est perdu |
| 11h – |
On annonce un autre blessé léger |
| 12h – |
Les occupants d'un fortin voisin demandent un armistice pour retirer leurs blessés et morts. Le lieutenant de la compagnie le leur accorde, et comme il est italien, il s'approche pour converser avec le capitaine de ce fortin qui est fasciste. Il lui dit de se rendre et de s'unir à eux pour refaire et l'Italie et chasser les Boches. Le capitaine refuse. C'est bon, on va continuer à se tirer dessus. Les mortiers entrent en action et à 14 heures le fortin est pris, le capitaine s'est suicidé. |
| Il y a 22 prisonniers dont 2 Allemands. On trouve 3 blessés et 2 morts dans le fortin. Les prisonniers interrogés, à part deux, disent qu'ils en ont assez des Boches, et pourtant ils en ont peur. Ils venaient tous d'arriver au fortin en renfort, ils n'ont pas mangé depuis trois jours et ont marché sans arrêt. |
| 13h – |
L'un des prisonniers blessés arrive au 1er poste de secours où nous sommes restées à les attendre pour les évacuer. Il est grièvement blessés à la tête et fatigués par les privations, la marche et la perte de sang. |
| Notre blessé et les autres prisonniers ne sont pas encore arrivés. |
| Bombardement des fortins par notre aviation |
| Lundi 23 avril |
| Toute la nuit, l'artillerie allemande a tiré sur Douans et le Bourguet. Nuit très agitée. A 8 heure, l'aviation revient bombarder les fortins ennemis. |
| 12h – |
Arrviée d'un autre prisonnier italien blessé |
| 17h – |
Arrivé du blessé léger d'hier, de nombreux éclats sur la figure et dans les jambes. Nous l'évacuons à St Etienne de Tinée |
| 20h – |
Nous remontons à Douans. Toute la journée, l'artillerie allemande a tiré sur le Bourguet. Les obus sifflent juste au dessus du poste de secours. |
| 23h – |
On amène un mort italien, on le dépose dans l'infirmerie car dorénavant on ne les évacuera plus à St Etienne. |
| On apprend que les nôtres viennent de faire encore 10 prisonniers |
| Mardi 24 avril |
| Aujourd'hui, les nôtres doivent prendre les casernes de Barbacanes. Ils entendent des appels mais personne ne sort. Ils approchent , et de l'intérieur les occupants leur crient qu'ils sont bloqués, le plastic n'a pas fait sauter la porte mais l'a coincée, ils ont deux blessés depuis vendredi. Les nôtres font douze prisonniers et évacuent leur deux blessés, l'un meurt en route et l'autre arrive au 1er poste, près de l'ambulance à 4 heures du matin. |
| Mercredi 25 avril |
| L'artillerie et les mortiers allemands tirent constamment sur Barbacane. On nous annonce deux blessés. Le docteur monte. Il lui faut quatre heures de marche pour atteindre les casernes. |
| 15h – |
Nous sommes montées au dernier poste où, par téléphone, on apprend que les blessés viennent seulement d'arriver au fort de Barbacane car, entre les casernes et le fort, les Allemands bombardent , et il faut passer par les arêtes en faisant de l'alpinisme. Il a fallu attacher les blessés et les descendre avec des cordes. |
| 16h – |
Nous redescendons au 1er poste, à l'ambulance, où nous avons la visite du docteur Jouglard, médecin-chef de la vallée. Nous n'attendons pas les blessés avant 21 heures. Par malheur, il se met à pleuvoir à verse. |
| 19h30 – |
Les blessés arrivent. Ils ont très froid, en haut, il neigeait. Nous les évacuons sur St Etienne, rien de grave. Nous restons à St Etienne pour faire un peu de toilette car à force de coucher au dessus de l'écurie, nous sentons la vache..! Je fais également reviser la voiture (la dynamo) |
| Jeudi 26 avril |
| 9h – |
Départ de St Etienne. le capitaine de la D.F.L. nous annonce qu'il installe sa chirurgie à St Sauveur où nous évacuerons dorénavant [nos blessés] car les troupes avancent. La Légion attaque aujourd'hui Vinadio et doit faire la jonction avec les nôtres qui attaquent Colla Longa. En même temps, le Génie répare la route qui part d'Isola pour l'Italie, où bientôt passeront les voitures et par où se fera l'évacuation des blessés. |
| Il pleut toujours, les sommets sont blancs, mais le moral est très bon. |
| 18h – |
Voyage à St Etienne pour préparer les médicaments pour les troupes qui vont passer en Italie. |
| Vendredi 27 avril |
| 7h – |
Le P.C. part, ainsi que quelques compagnies, pour Vinadio, qui est pris depuis hier soir. |
| 9h – |
Voyage à St Etienne pour prendre les médicaments pour les trousses des infirmiers qui partent |
| 10h – |
Départ du médecin chef également |
| 11h – |
Nous retournons à St Etienne, avec le docteur Santelino |
| Nous attendons ici avec les autres voitures que la route soit en état pour partir en Italie. |
| Nous en profitons pour faire faire un rodage de soupapes à la voiture. Le reste des compagnies part pour Vinadio. |
| Samedi 28 avril |
| Journée calme. Arrivée considérable de [soldats de la ] D.F.L. avec du matériel. |
| Dimanche 29 avril |
| Sur la route de Vinadio, les jeeps peuvent passer. La D.F.L. quitte St Etienne. |
| Nous recevons un ordre du lieutenant Duranceau de nous rendre à Isola pour nous regrouper avec tout le service sanitaire avant de passer en Italie |
| La D.F.L. part également pour la montagne. |
| Lundi 30 avril |
| On apprend que les deux officiers de la D.F.L. qui sont partis hier par la montagne ont sauté sur des mines. |
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