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L'impact de l'appel du 18 juin 1940 dans les Alpes-Maritimes

 

 

 

 

 

 

DOCUMENTS, TEMOIGNAGES, RECHERCHES N°30

 

 

 

Ce dossier est édité par le Musée de la Résistance azuréenne dans la perspective du Concours de la Résistance et de la Déportation 2010 dont le thème est : « L’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle et son impact jusqu’en 1945 ». Il a pour but d’aider la préparation de ce concours par les élèves candidats, leurs professeurs et documentalistes en leur fournissant un aperçu régional et des documents originaux, voire des témoignages inédits ou peu connus. Il ne prétend pas à l’exhaustivité.

 

NOS SOURCES

René CASSIN, Les hommes partis de rien

Jean-Louis PANICACCI, La Résistance azuréenne ; Les lieux de mémoire de la 2ème guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes.

Jacques PEIRANI, Mémorial des Jeunes de COMBAT ; Témoins de la Résistance COMBAT

MRA, Documents, Témoignages, Recherches N° 29 Les ouvriers dans la Résistance azuréenne, N° 24 Les jeunes dans la Résistance azuréenne, N° 22 Les femmes dans la Résistance azuréenne, N° 20 Les réseaux de résistance dans les Alpes-Maritimes, N° 18 Joseph ARNALDI et ses camarades, N° 14 Sous-marins et felouques au large d’Antibes, N° 8 Les débuts de la Résistance gaulliste dans les Alpes-Maritimes, N° 3 L’action de Jean MOULIN à Nice et dans les Alpes-Maritimes ; Archives : témoignages de Fernand ALIZARD, Jacques ANTOINE, Louis PIETRI, Georges RENEVEY ; étude de Michel GOURY sur le groupe des cheminots de la Gare Saint-Roch ; journaux clandestins et légaux de 1940 à 1946.

 

Avant que les services de la Censure ne manifestent leur vigilance à l’égard de la « dissidence » gaulliste, des échos de « L’Appel du 18 juin » apparurent dans la presse quotidienne niçoise, comme dans d’autres titres méridionaux (Le Petit Provençal, Le Petit Marseillais, Le Petit Dauphinois, Le Progrès de Lyon). Ce fut le cas dans L’Eclaireur le 20 juin 1940 où un encadré était intitulé Des jeunes veulent continuer la lutte :

« L’appel que le général Charles de Gaulle vient de lancer sur les antennes de la radio anglaise a réveillé l’espoir dans le cœur des Français.

Mais ce sont surtout les jeunes qui, de toute leur ardeur et de toute leur foi, ont répondu à cette idée généreuse. L’âme de la France ne saurait s’éteindre à travers les pires tourments, mais tous ces jeunes qui n’ont pas encore été mobilisés, ne veulent pas qu’elle soit ternie, même pour un temps, au contact de l’ennemi. Ils veulent continuer la lutte et ne l’achever que dans la victoire ou la mort.

Et c’est pourquoi un certain nombre d’entre eux, unis par un courage et un espoir semblables, ont télégraphié au général de Gaulle pour lui témoigner toute leur admiration et pour se mettre à sa disposition où et quand il le voudra pour la défense de la France et de la civilisation ».

Cet encadré ne fut pas repris dans l’édition du soir de L’Eclaireur et Le Petit Niçois, bien que d’inspiration radicale-socialiste, ne fit pas allusion à « l’Appel ».

 

Quelques repères chronologiques

 

6.9.1940 :     diffusion du premier « appel » du général COCHET

5.10.1940 :   découverte de papillons Pétain-Bazaine à Nice

19.10.1940 : regroupement d’anciens combattants hostiles à la Légion française des combattants créée par Vichy

30.11.1940 : adresse aux Niçois de René CASSIN sur les ondes de la BBC

1.12.1940 :   diffusion à Grasse de tracts favorables aux Britanniques

5.1.1941 :     arrestation à Cannes d’Edouard CORNIGLION-MOLINIER

6.2.1941 :     vrai faux-passeport délivré par la Sous-Préfecture de Grasse à Jean MOULIN

6.4.1941 :     diffusion à Antibes de papillons Vive de GAULLE-Espoir

11.4.1941 :   diffusion à Cannes de papillons Pierre II (un gosse) résiste à l’envahisseur. Qu’attendons-nous pour en faire autant ?

13.4.1941 :   diffusion à Antibes de tracts gaullistes

22.5.1941 :   découverte à Vallauris d’inscriptions favorables à de GAULLE

1.7.1941 :     diffusion à Nice de papillons gaullistes

25 .6.1941 : découverte d’une imprimerie gaulliste à Nice et arrestation de 6 adolescents

7.7.1941 :     condamnation des 6 jeunes gaullistes par le Tribunal correctionnel de Nice

21.7.1941 :   diffusion à Nice de papillons Les Français avaient besoin d’un père, ils n’ont trouvé qu’un grand-père

26.10.1941 : arrestation de 35 cheminots résistants du dépôt SNCF de Nice-St Roch

11.1.1942 :   rencontre à Antibes de Peter CHURCHILL (SOE), Elie LEVY et Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE

19.1.1942 :   diffusion à Cagnes-sur-Mer du journal Combat

13.4.1942 :   débarquement de 4 agents du SOE à Théoule

27.4.1942 :   débarquement à Antibes de 2 agents du SOE et embarquement d’Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE porteur du texte de Louis ARAGON Témoins des martyrs

8.5.1942 :     débarquement d’un agent du SOE à Antibes

30.5.1942 :   débarquement d’un agent du SOE à Antibes

31.5.1942 :   débarquement de 2 agents du SOE à Antibes

2.7.1942 :     débarquement d’un agent du SOE à Antibes

14.7.1942 :   manifestation gaulliste place Masséna20.7.1942 :   débarquement d’un agent du SOE à Antibes

19.8.1942 :   débarquement d’un agent du SOE à Antibes

1.9.1942 :     débarquement de 3 agents du SOE à Cannes

2.10.1942 :   débarquement de 2 agents du SOE à La Napoule

16.10.1942 : Jean MOULIN sollicite l’ouverture de la Galerie ROMANIN à Nice

5.11.1942 :   premier tract commun de la Résistance diffusé à Antibes et à Nice

7.1.1943 :     diffusion à Nice du tract Français, en avant vers la victoire

20.2.1943 :   diffusion à Nice du tract Français, unis autour du gouvernement du général de GAULLE, en avant pour la libération de notre patrie

21.3.1943 :   premier maquis de réfractaires au STO à Andon

22.3.1943 :   diffusion à Bar-sur-Loup de tracts du mouvement COMBAT

10.7.1943 :   diffusion de tracts Pour un 14 juillet de Combat

13.7.1943 :   diffusion du Chant de la Libération, du papillon à l’effigie du général de GAULLE et des timbres-poste à l’effigie du chef de la France Libre

14.7.1943 :   manifestation patriotique avenue de la Victoire et place Masséna

28.8.1943 :   incendie du portique anniversaire de la Légion à Nice

6.6.1944 :     mobilisation des FFI à l’annonce du débarquement de Normandie

31.8.1944 :   parution du quotidien Combat

17.7.1942 :   diffusion à Cannes de tracts Attention, la France n’est plus française

 

Le Lycée de Garçons de Nice (aujourd’hui Masséna) fut une pépinière de jeunes gaullistes dès la rentrée scolaire du 1eroctobre 1940. Deux groupes s’y constituèrent : celui des étudiants autour de RACADOT, celui des lycéens autour de Jacques PEIRANI ; ils diffusaient des informations, voire les premières feuilles clandestines provenant de Montpellier (Liberté), Lyon (Les petites ailes) ou Cannes (Notes indépendantes d’informations et Tours d’horizon du général COCHET) ; Jacques PEIRANI nous indique comment se faisait la diffusion des « bulletins » du général COCHET : « Le commandant JACOBSON me les remettait, chaque semaine, en me demandant de les diffuser parmi les jeunes du lycée. La règle d’utilisation était celle de la « boule de neige ». Il fallait essayer de reproduire le bulletin en quelques exemplaires. Nous considérions ces bulletins jaunes comme de véritables reliques et nous diffusions les nouvelles qu’il contenait notamment sur les succès de la RAF dans la bataille d’Angleterre ». Parmi les diffuseurs se trouvait Jean BARBIER, le fils de l’ancien proviseur du lycée jusqu’en 1939, qui poussait le patriotisme jusqu’à arborer à l’intérieur de l’établissement une Croix de Lorraine émaillée, provoquant les réactions radicales des partisans de l’ordre Nouveau (Jeunes du PPF, JFOM, professeurs membres de la Légion française des Combattants arborant la Francisque).

Jacques PEIRANI se souvient : « Nous étions un jour sous un préau à parler un peu fort de notre engagement et un professeur de Lettres nous a interpellés avec violence : -Vous êtes des saboteurs de la Révolution nationale, au garde-à-vous ! Vous allez voir comme je vais vous mettre au pli, je vais décimer la classe, c’est-à-dire sanctionner un élève sur dix comme César le faisait vis-à-vis de ses légions défaillantes (…) Chaque fois qu’un élève nous rejoignait, BARBIER lui remettait une Croix de Lorraine gardée pieusement mais Jean, plus audacieux que nous, la portait visiblement à l’intérieur du lycée (…) A la sortie, nous l’escortions et le raccompagnions sur son chemin pour éviter qu’il ne se fasse « casser la figure ». Au début de l’année 1941, il avait disparu du lycée, j’avais demandé ce qu’il devenait à l’un de ses proches et j’avais appris qu’il avait cherché à gagner Londres et rejoindre le général de GAULLE. A son retour à Nice, en avril, l’administration du Lycée l’avait exclu pour « propagande gaulliste » sans égard au grand mérite de son père, proviseur pendant dix ans. Cela montra la grande sévérité de l’administration vichyste. Cet incident, toutefois, servit de révélateur dans le lycée. A l’occasion des bagarres, nous avons pu savoir qui était pour nous et qui était contre. A l’avenir, il fallait se monter plus prudent, la clandestinité s’apprend avec la répression ».

Un peu plus jeunes que les précédents, d’autres élèves niçois (Jeannine DESCLAUX, Anselme MARIA, Barthélémy FAZINCANI, Roger VILBERT, Guy RUBENS) constituèrent un petit groupe de propagandistes gaullistes animé par Jacques ANTOINE, d’origine lorraine et farouchement anti-allemand, qui nous livre ses souvenirs : « Nous avions entendu les paroles de Charles de GAULLE, il fallait propager l’esprit de résistance, lutter contre Vichy, contre l’Allemand, contre la presse vendue, l’infect « Petit Niçois » et l’immonde « L’Eclaireur » qui se partageaient le soin d’empoisonner l’opinion française (…) Notre petite imprimerie avait fabriqué des milliers de tracts et papillons, ayant inondé la ville de Nice, ce qui provoqua l’intervention de la Commission d’Armistice de Turin. Elle fut découverte le 25 juin 1941 (…) Après une longue nuit passée dans les locaux de la rue Gioffredo, sous les projecteurs, avec interrogatoires pénibles pour des jeunes de 16 et 17 ans, nous fûmes jetés dans un cachot des « détenus de droit commun », vivant des moments pénibles de prisonniers qui ne pouvaient pas encore se raccrocher à l’espérance d’une victoire (…) Une véritable succession d’épreuves nous attendait : passage devant le Tribunal de Nice où nous fûmes condamnés par des juges vichystes ; le procureur ROMAN s’acharna sur des jeunes qui ne purent même pas parler ; il nous fit traduire ensuite devant le Tribunal d’Etat exceptionnel siégeant à Aix-en-Provence ».

Si MARIA et RUBENS bénéficièrent de l’acquittement, les autres furent condamnés à un mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende par le Tribunal correctionnel de Nice, avant d’être rejugés par la Section spéciale d’Aix-en-Provence le 16 octobre, où la brillante plaidoirie de Maître COTTA leur valut l’acquittement. Après leur libération, trois des jeunes garçons (FAZINCANI, RUBENS, VILBERT) ne pensèrent qu’à gagner l’Espagne et l’Afrique du Nord afin de rejoindre les Forces Françaises Libres, ce qu’ils parvinrent à

réaliser en 1942-1943, contrairement à Jean BARBIER en 1941. Ce dernier, replié dans la région parisienne, rejoignit en 1943 le maquis Surcouf de l’Eure au sein duquel il perdit la vie en juin 1944. La filière « espagnole » n’était pas une épreuve facile et plusieurs candidats au franchissement clandestin de la frontière y laissèrent leur vie, à l’image de l’étudiant  cannetan Raymond VEROUL, parti le 24 août 1943 et abattu par une patrouille allemande dans les Pyrénées-Orientales une semaine plus tard, ainsi que de l’étudiant niçois Norbert FINKEL abattu dans l’Ariège le 19 avril 1944.

   

 

 

 

                                                                                                    L’ERGOT N° 90 DU 23 JUIN 1946

 

Les candidats à « l’exfiltration » n’étaient pas que des jeunes gens. Ce fut ainsi que le préfet révoqué d’Eure-et-Loir Jean MOULIN, désireux de rejoindre Londres afin d’exposer au général de GAULLE sa vision de la situation et lui soumettre un rapport sur l’état des forces résistantes dans le Midi, parvint à obtenir de la Sous-Préfecture de Grasse (grâce à la bonne volonté du Commissaire de Police de Cagnes-sur-Mer) un « vrai-faux passeport » au nom de Joseph MERCIER en février 1941, qui lui permit de rejoindre Lisbonne en octobre afin de s’embarquer pour New York où il était censé enseigner ; en fait il se rendit à l’ambassade britannique qui lui permit de gagner Londres et de rencontrer le chef de la France libre.

Parmi eux, se trouvaient aussi des anciens engagés volontaires étrangers dans l’armée française en 1939-1940, qui constituèrent une Amicale d’une quarantaine de personnes en octobre 1940, présidée par le lieutenant roumain Conrad FLAVIAN, appelée à fournir des éléments sûrs aux Corps-Francs de Combat en 1942, puis des MUR en 1943, devant effectuer des opérations « militaires » (attentats contre les permanences des mouvements collaborationnistes, sabotages contre des voies ferrées ou des usines travaillant pour l’effort de guerre ennemi) ; dix-sept d’entre eux furent jugés par le tribunal militaire italien siégeant à Breil-sur-Roya le 28 août 1943 et huit ne revinrent pas des camps (Raymond GEISMAR, Oskar CHWATKOWSKY, Oskar KNOLL, Josef LOEBELSOHN, Artur MARKUS, Paul SZANTO, Josef TCHIPROUT, Jan WEISS).

  

 

                                                                                       (ADAM 43W9166)

 

Le Niçois René CASSIN fut l’un des premiers adultes à rejoindre le Général De GAULLE ; il interpella à plusieurs reprises ses compatriotes à la BBC, notamment dans son Adresse aux Niçoisdu 30 novembre 1940 où il les félicitait pour leur patriotisme manifesté le 11 novembre et les rassurait sur le caractère français de Nice, ville convoitée par les Italiens : « Les nombreux Niçois qui ont répondu à l’appel du général De Gaulle sont certains maintenant que Nice, berceau de Garilbadi, le héro des deux mondes, et lieu de repos de GAMBETTA, le défenseur invaincu de la France, que Nice restera française ».

Une initiative originale eut lieu parmi les cheminots du dépôt SNCF Saint-Roch puisque d’anciens militants cégétistes, voire communistes, s’agrégèrent à un groupe animé par Arthur DARNAULT, constitué par des ouvriers écoutant régulièrement l’émission gaulliste « Les Français parlent aux Français » et en contact avec l’organisation dénommée La France Libre dirigée par le sous-officier Arthur FRANCOIS. Le 25 novembre 1941, L’Eclaireur de Nicedévoila la chute du « groupe des cheminots » : « Une importante affaire de propagande gaulliste est découverte à Nice. Il y a 35 arrestations (…) Les premiers résultats de l’enquête ont permis de déceler une série de documents établissant de façon irréfutable la création d’un mouvement gaulliste mené notamment par les employés de la Compagnie nationale des Chemins de Fer ». Au cours de la perquisition effectuée chez DARNAULT, furent découverts une liste de 37 noms et adresses, un code chiffré, une effigie de CHURCHILL et un tract se terminant par « Vive de GAULLE, PETAIN aux chiottes ». Les inculpés bénéficièrent d’un non-lieu le 24 avril 1942 à l’exception de DARNAULT et de cinq autres cheminots qui furent renvoyés devant le Tribunal militaire permanent de Marseille qui les acquitta le 26 mai, alors qu’Arthur FRANCOIS et son agent de liaison féminin étaient condamnés à six mois de prison avec sursis.

D’autres, moins enclins au regroupement plus ou moins passif de centaines d’individus dans l’attente du Jour J, préférèrent œuvrer au sein de réseaux de renseignements ou d’action, lesquels ne manquaient pas de possibilités sur la Côte d’Azur avec le nombre élevé de militaires des commissions d’armistice germano-italiennes qu’il fallait espionner, la présence d’une voie ferrée reliant Marseille à Gênes sur laquelle circulaient vers l’Italie fasciste des convois chargés de matériel français réquisitionné, un littoral découpé propice aux opérations maritimes nocturnes, de nombreuses personnalités hostiles à l’Axe repliées dans la région niçoise. Aussi, Alliance, Tartane, Gallia, Ajax, Reims-Coty et une dizaine d’autres réseaux s’implantèrent dans les Alpes-Maritimes, qui devinrent, en 1942, la terre d’élection du réseau britannique SOE-BUCKMASTER, lequel fut à l’origine d’une quinzaine d’opérations maritimes entre Cagnes-sur-Mer et Théoule, l’une d’entre elles permettant à un chef de la Résistance intérieure (Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE, animateur de Libération-Sud) de gagner Gibraltar le 27 avril 1942 avec le texte Témoins des martyrs rédigé à Nice par Louis ARAGON, qui sera lu sur les ondes de la BBC le 22 mai. Jean MOULIN et plusieurs cadres de la mouvance gaulliste (Yvon MORANDAT, Henri FRENAY, Jules MOCH) séjournèrent à Antibes dans l’attente d’un passage sur un sous-marin, soit chez le docteur Elie LEVY (qui mourra en déportation) soit chez l’acteur René LEFEBVRE, aidés par de jeunes Antibois parmi lesquels Louis PIETRI.

 

 

 

Stèle de la Pointe de l’Ilette (Antibes) évoquant l’opération maritime du 27 avril 1942

 

 

Parmi les inscriptions significatives, signalons Vive de Gaulle et Vive l’Angleterre à Roquebrune en décembre 1940, De GAULLE, c’est la libertéà Cannes en janvier 1941, de nombreux «·V·» relevés à Nice et à Cannes en mars-avril 1941, Vive la France libre à Beausoleil en mai 1942.

Parmi les papillons diffusés, signalons «·Si tu veux être trompé, suis LAVAL et ses partenaires. Si tu veux être sauvé, suis De GAULLE et ses volontaires·» (Roquebrune, 5 février 1941), «·L’ennemiche mangia lou tieu pan, l’ennemiche vo lou tieu pais, l’ennemiche es l’Italia, sighes de GAULLE·»1(Nice, 3 juin 1941), «·De GAULLE vaincu, c’est Nice à l’Italie·» (Nice, 4 novembre 1941).

Une grande quantité de tracts concernèrent les paysans, les cheminots, les policiers, les ouvriers, porteurs de consignes de sabotage de la production ou de refus des ordres d’un gouvernement «·complice de l’ennemi·», notamment pour les départs de main-d’œuvre en Allemagne.

La présence de Jean MOULIN favorisa l’unification des mouvements gaullistes et les contacts avec la mouvance communiste, débouchant en novembre 1942 puis en février 1943 sur la rédaction commune de deux tracts appelant, le premier, à des «·grèves nationales·» destinées à lutter contre la mobilisation de la main-d’œuvre vers l’Allemagne planifiée par Vichy, le second, à s’unir «·autour du gouvernement du général de GAULLE pour la libération de notre Patrie·», sous-entendu à ignorer l’action du général GIRAUD en Afrique du Nord, soutenue alors par les Alliés anglo-saxons.

Un gros effort de propagande fut accompli par le mouvement Combatdans la préparation du 14 Juillet 1943. Sous l’égide de Jean CONSTANT et de Georges RENEVEY, furent imprimés des papillons représentant le général de GAULLE entouré par l’inscription «·La France a perdu une bataille mais elle gagnera la guerre·», 9000 timbres-poste faux PETAIN à 1F50 portant l’effigie du général rebelle, un Chant de la Libération (paroles de Fernand ALIZARD, musique de Joseph KOSMA, dessin de Georges RENEVEY) et un tract Pour un 14 Juillet de Combat. Le numéro du 1er août 1943 de Combat fut imprimé à Nice chez CHAMPAMOND, annonçant la réception à Alger du général de GAULLE.

1 «·L’ennemi mange ton pain, l’ennemi veut ton pays, l’ennemi est l’Italie, suis De Gaulle·»

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Papillons et timbres-poste imprimés par Combat pour le 14 juillet 1943

 

  

 

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Première page du «·Chant·» composé par Fernand ALIZARD et Joseph KOSMA

 

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                                                                       Journal Combat imprimé chez CHAMPAMOND en août 1943

 

 

Deux manifestations «·de masse·» eurent lieu sur la Côte d’Azur à l’occasion des 14 juillet 1942 et 1943, la manifestation prévue pour le 11 novembre 1942 ayant dû être annulée en raison de l’invasion du territoire par la 4e armée italienne. Elles furent toujours préparées par les consignes de la BBC, des inscriptions et distributions de tracts. Jacques PEIRANI· raconte la première, au cours de laquelle un millier de Niçois se rassemblèrent place MASSENA et avenue de la Victoire·: «·Nous avions mobilisé nos groupes de jeunes au grand complet et, pendant plus d’une heure, nous montions et descendions l’Avenue en nous saluant. L’un des nôtres déployait un drapeau tricolore. De nombreux Niçois avaient répondu à l’appel du général de GAULLE. Vers la fin de la manifestation, nous avons vu apparaître des PPF qui attaquèrent quelques jeunes épars qu’ils avaient repérés, blessant plusieurs d’entre eux avant que les policiers n’interviennent·». Parmi les slogans scandés ce jour-là figuraient «·Vive de GAULLE·!·» et «·Mort à LAVAL et HITLER·». La seconde fut dispersée par la présence d’automitrailleuses ennemies mais elle put se développer pendant plus d’une heure, grâce au manque de zèle des policiers français, entre le boulevard Victor HUGO et la place MASSENA·: «·La Marseillaisea été chantée ainsi que Le Chant du Départ. Quelques cris «·Vive de GAULLE·» ·ont été entendus. Une vingtaine de personnes ont été conduites à l’Hôtel de Police pour examen de situation (…) Au port, une vingtaine de barques avaient arboré un pavillon tricolore. Des tracts avaient été découverts le matin, les uns, découpés dans du papier d’écolier, portaient au crayon rouge et bleu l’inscription «·R. F.·» d’un côté et la Croix de Lorraine de l’autre. D’autres, intitulés «·14 Juillet de combat. 14 Juillet de victoire·» invitaient la population à sortir dans les rues à partir de 18 heures 30 et à chanter La Marseillaise et Le Chant du Départ à partir de 19 heures·»

(ADAM, 166 W 7, rapport des Renseignements généraux de Nice).

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A la Libération, le journal clandestin Combat parut sur les presses du Petit Niçois. Dans son numéro 4, l’éditorial·: «De Gaulle a sauvé la France·!·» évoqua le drame de juin 1940·: «·c’est à lors qu’un homme qui est aussi un général se lève et crie «·Nous avons perdu une bataille, nous n’avons pas perdu la guerre·» (…) il est partout, à Londres, à Alger, à Brazzaville, à Washington. Il parle, exige au nom de la France là où il y a la France. Grâce à lui, grâce à son obstination, la 4èmeRépublique est proclamée, reconnue·».

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En 1945, sur la cinquantaine de pionniers du gaullisme azuréen, 3 avaient été tués en service commandé, 2 exécutés, 11 n’étaient pas rentrés de déportation, 7 avaient été déportés en Italie, 4 en Italie puis en Allemagne, 7 en Allemagne, tandis que 8 autres avaient connu les geôles de Vichy en 1941-1942·; seuls 8 pionniers avaient pu traverser l’épreuve indemnes. Le Vençois Joseph CHERICO fut abattu par la Gestapo car elle avait trouvé chez lui une croix de Lorraine avec la mention Combat.

Après la fin de la guerre, sous les 4e et 5e Républiques, un certain nombre de lieux de mémoire lapidaire virent le jour, concernant notre sujet.

Le texte de l’Appel, encadré d’un liseré bleu, blanc, rouge, est présent isolément à Roquebrune-Cap Martin (devant la Mairie annexe) et à Gattières (rue des Anciens combattants), tandis qu’il est associé à un ensemble monumental à Villeneuve-Loubet, Antibes, Grasse, Cannes, Cagnes-sur-Mer et Saint-Jean Cap Ferrat.

Une mise en scène originale existe à Cagnes-sur-mer (où la Croix de Lorraine incluse dans le « V » de la Victoire et le texte de l’Appel encadrent le médaillon du chef de la France libre, avec la mention « Honneur et Patrie. Appel du 18 juin 1940 ») comme à Cannes (deux petites stèles de porphyre, l’une gravée avec le « V », l’autre supportant le médaillon du général, entourant une grande Croix de Lorraine dont la base est occupée par le texte de l’Appel) et à Saint-Jean Cap Ferrat (où le médaillon du général occupe le centre de la France, la Croix de Lorraine occupant le milieu de la scène et dominant le texte de l’Appel, éclairé par un soleil stylisé en fer forgé). 

  

 Rue VEROUL au Cannet     
 
 
 
 
 
                                                                                                                                 

                                                                                                                                      

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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       Plaque CHERICO à Vence          

 

 

 

 

 

 

                                                                                       Stèle De Gaulle - Appel du 18 juin à Antibes

 

                                  

                                                                                                                                                                            

  

                       Saquare du 18 juin 1940 à Cagnes-Sur-Mer

 

 

Valorisation esthétique de l'appel du 18 juin à Saint-Jean Cap Ferrat

 

Sur le plan toponymique, il existe une rue « 18 juin 1940 » à Beausoleil (où un sous-titre indique «Du 18 juin 1940 date la résurrection de la France », une place à Cannes (au-dessus de la gare SNCF) et un square à Cagnes-sur-Mer (à l’angle de l’avenue de Nice et de l’avenue Cyrille BESSET). La Ville du Cannet a également honoré un de ses martyrs (Raymond VEROUL) ayant perdu la vie en rejoignant les Forces Française Libres.

 

 

 

 

 

Par ailleurs, des personnalités de la France Libre ont été honorées par des stèles à Cannes (généraux De GAULLE, LECLERC et KOENIG, René CASSIN), Antibes (général De GAULLE), Nice (général De GAULLE, René CASSIN), La Trinité (général LECLERC), Théoule-sur-Mer (Général De GAULLE) et Villefranche-sur-Mer (général LEGENTILHOMME).

 

 

 

 

 Stèle De Gaulle à Nice (jardin Thiole)

 

 

 

                                                                                                     Stèle KOENIG à Cannes

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                          

 

                Stèle du Général LECLERC à la Trinité-Laghet

 

 

 

 

 

 

CE DOSSIER A ETE EDITE PAR L'ASSOCIATION AZUREENNE DES AMIS DU MUSEE DE LA RESISTANCE NATIONALE

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