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la repression de la Résistance par Vichy et par les occupants dans les Alpes-Maritimes

DOCUMENTS, TEMOIGNAGES, RECHERCHES N°31

LA REPRESSION DE LA RESISTANCE PAR VICHY ET PAR LES OCCUPANTS

DANS LES ALPES-MARITIMES

Ce dossier est édité par le Musée de la Résistance azuréenne dans la perspective du Concours de la Résistance et de la Déportation 2011 dont le thème est : « La répression de la Résistance en France par les autorités de Vichy et par l'Occupant ». Il a pour but d'aider la préparation de ce concours par les élèves candidats, leurs professeurs et documentalistes en leur fournissant un aperçu régional et des documents originaux, ainsi que des exemples de lieux de mémoire. Il ne prétend pas à l'exhaustivité.

NOS SOURCES

MRA : Documents, Témoignages, Recherches N°2 Du Férion au Verdon, les lycéens de Nice et les autres. Le drame du maquis du Férion ; N°7 Parachutages et répression à Puget-Théniers ; N°12 Le maquis franco-italien de L'Albarea et le drame de Sospel ; N°19 Les étrangers dans la Résistance azuréenne ; N°20 Les réseaux de résistance dans les Alpes-Maritimes ; N°22 Les femmes dans la Résistance azuréenne ; N°23 Le martyrologe de la Résistance azuréenne ; N° 24 Les jeunes dans la Résistance azuréenne ; N°29 Les ouvriers dans la Résistance azuréenne ; Archives (martyrologe dressé par le commandement FTP, fonds Parent, Bailet et Antoine, collection de L'Ergot).

FLAVIAN Conrad, Ils furent des hommes ; GIRARD Joseph, La Résistance dans les Alpes-Maritimes (volume II Annexes) ; GIROD Robert, Résistance. Les fusillés de L'Ariane ; MARON Suzanne, Carte Internés, Déportés, Fusillés des Alpes-Maritimes ; NICOLETTO Italo, Anni della mia vita ; ONAC 06, 15 août 1944 Les fusillés de L'Ariane ; 11 juin 1944 Les fusillés de Saint-Julien du Verdon ; PANICACCI Jean-Louis, La Résistance azuréenne ; Les lieux de mémoire de la 2e Guerre mondiale dans les Alpes-Maritimes ; L'occupation italienne du sud-est de la France ; PETIAU Raymond, Un an loin des hommes ; PEIRANI Jacques, Mémorial des Jeunes de Combat ; STEPHANE Roger, Chaque homme est lié au monde.

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     L'Ergot du 23.11.1944

Ce dossier s'articule en trois parties chronologiques et thématiques : les faits de répression commis par les autorités de Vichy, suivis de ceux perpétrés par les autorités italiennes puis allemandes d'occupation. Il s'intéresse aux internements, aux déportations, aux tortures et aux exécutions, sans oublier les représailles effectuées contre les villages de Gattières et de Puget-Théniers. Il présente plusieurs plaques, stèles et monuments évoquant des martyrs de la Résistance azuréenne.

LA REPRESSION PAR LES AUTORITES DE VICHY

Elle fut, pour l'essentiel, caractérisée par des arrestations (parfois suivies de condamnations) et par des éloignements, mais quelques victimes furent toutefois à déplorer ; ces mesures furent appliquées par le préfet, les services de police et la Légion française des combattants (LFC).Durant la période de pleine souveraineté du régime de Vichy (10 juillet 1940-11 novembre 1942), 187 arrestations pour faits de résistance eurent lieu, parmi lesquelles celles du commandant CORNIGLION-MOLINIER (fondateur de La dernière colonne avec Emmanuel d'ASTIER de la VIGERIE) le 5 janvier 1941, d'un groupe d'élèves gaullistes (Jacques ANTOINE, Jean CAHEN, Jeannine DESCLAUX, Barthélémy FAZINCANI, Anselme MARIA, Roger VILBERT ayant imprimé des papillons et des tracts favorables à la France Libre, Arno HAGENAAR et Guillaume RUBENS ayant diffusé des papillons hostiles aux prétentions irrédentistes de l'Italie fasciste) le 25 juin (condamnés ensuite par le Tribunal correctionnel de Nice le 5 juillet à une peine de prison avec sursis et à une amende), de 35 cheminots du dépôt Saint-Roch (membres du mouvement La France libre ayant diffusé de la propagande hostile à Vichy et à l'Allemagne nazie) le 26 octobre (12 d'entre eux, parmi lesquels Arthur FRANCOIS, Arthur DARNAULT, Marius FANTINO, Raymond BAUNARD, Antoine MARI, Simone GEOFFROY et Christiane MELON étant jugés par le Tribunal militaire de la XV° Région à Marseille le 26 mai 1942), 44 militants communistes entre le mois de septembre et celui de novembre 1941 (parfois lourdement condamnés par le Tribunal militaire de Marseille comme Fernand SGARAVIZZI qui écopa de 20 ans, Vincent AUREGLIA de 10 ans, Julien ANTONINI de 7 ans le 31 octobre 1941, tandis que Jean FRANCESCHI se vit infliger les travaux forcés à perpétuité le 23 février 1942), 14 cadres du mouvement Libération-Sud le 4 novembre 1942.

Jacques ANTOINE relata ainsi son arrestation et ses procès : « Les agents de la Sûreté nous ont emmenés rue Gioffredo. Ils n'étaient pas gentils avec les étudiants. Jeannine DESCLAUX a été maltraitée. On nous a houspillés, conduits aux Nouvelles-prisons où nous avons subi des sévices. Il n'y avait pas de quartier politique, encore moins de distinction entre adultes et mineurs (...) Si le Tribunal correctionnel de Nice, malgré le réquisitoire vichyste du procureur ROMAN, n'a prononcé que des peines minimes, il nous fallut nous présenter à nouveau, le 16 octobre, à Aix-en-Provence devant le tribunal d'exception présidé par le sinistre juge VERDUN. Dans sa plaidoirie, notre avocat, Maître COTTA, s'est exclamé : « Mais ce sont des enfants ! Ne croyez-vous pas que vous allez vous ridiculiser en les condamnant ? Rendez-les à leurs familles ». Nous avons été libérés » (MRA, fonds ANTOINE).

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                                                                                                          L'Ergot du 23.6.1946

Le préfet RIBIERE plaça en internement administratif pour six mois le jeune gaulliste Roger WORMS-Stéphane en 1942, qui dénigrait ouvertement le régime dans les cafés et restaurants où il séjournait ; il éloigna du département, à la même époque, trois propagandistes gaullistes (Henri DEBONNO et l'abbé BOULIER pour six mois, Hélène BATAULT pour une durée illimitée) ; il menaça trois Cagnois anglophiles d'une assignation en résidence surveillée, en janvier 1941, s'ils persistaient à se livrer à une propagande antigouvernementale ; il obtint de l'évêque de Nice l'éloignement du couvent des Dominicains du R.P. BRUCKBERGER, en mai 1941, qui avait ouvertement protesté contre l'annulation d'une conférence d'André GIDE en dénonçant l'emprise de l'occupant allemand. Plusieurs enseignants résistants furent révoqués (René LEMARCHAND membre de Libération, Gérard ROMEO membre de Franc-Tireur) ou déplacés d'office (Georges ALZIARI membre des FTPF ).La LFC, organisation phare du nouveau régime, ne fut pas en reste. Le 30 janvier 1941, le colonel de la Garde républicaine RIPAULT, surpris en train de lacérer des affiches du maréchal PETAIN par deux légionnaires du Cannet, reçut une correction avant d'être radié de l'ordre de la Légion d'Honneur ; le colonel VAUTRIN, pourtant responsable de la Subdivision militaire de Grasse mais ne cachant pas ses sympathies gaullistes, fut boxé par des membres du Service d'Ordre Légionnaire (SOL) à Cannes, le 26 octobre 1941 ; le colonel BERNIS (Epagneul au sein du réseau Alliance) fut relevé de ses fonctions de président de la section LFC de Beausoleil en février 1942 pour ses tendances gaullistes. Plusieurs dizaines d'adhérents de base de la Légion furent radiés, en 1941-1942, pour les mêmes raisons.Un jeune membre du mouvement Combat, Arno FISZBEIN, soumis à un interrogatoire musclé par la Sûreté niçoise, décéda chez lui le 8 août 1942 des suites des mauvais traitements infligés rue Gioffredo par les policiers voulant obtenir des informations sur ses « contacts ».Sous l'Occupation, les services répressifs du gouvernement de fait (Milice, GMR ) ne demeurèrent pas inactifs, bien que largement dépassés par les polices militaires et politiques italo-allemandes. Ce fut ainsi que 34 membres du Front national de lutte pour l'indépendance de la France tombèrent dans les filets de la police niçoise le 30 avril 1943, à l'issue d'une perquisition chez François REBOA, génératrice d'internements dans plusieurs prisons pour Yvonne REBOA, Paul AUGIER, Marie LAMBERTI, Henri PAOLI, Edmond BRUN, précédant souvent leur déportation en Allemagne ; l'auteur des attentats à l'explosif contre les locaux du journal PPF L'Emancipation nationale et le mess du Genova Cavalleria, Maurice FEINSTEIN, fut arrêté le 22 mai 1943 et jugé par le Tribunal correctionnel de Nice avant d'être remis aux autorités italiennes ; le 22 mars 1944, trois FTP-MOI subirent un siège surnommé par la presse locale « Le Fort-Chabrol de la rue de France », Nicham DERMADIROSSIAN et Francesco PAUSELLI mourant lors de l'affrontement tandis que Bruno RATTI, gravement blessé, fut condamné à mort par la Cour Martiale de la Milice française le 29 juin et fusillé, dans l'heure suivante, par un peloton de gendarmes dans la cour de la Maison d'Arrêt ; le 29 avril, une vingtaine de policiers et une cinquantaine de GMR encerclèrent Puget-Théniers, opérèrent des perquisitions au cours desquelles fut arrêté Nonce CASIMIRI, membre du Groupe François

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Plaque du 9 rue de France

 

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Plaque du préau du Lycée Masséna

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1.Francs-tireurs et Partisans français, branche armée de la mouvance communiste.

2.Groupes mobiles de réserve de la Police.

3.Parti populaire français, fondé en 1936, fascisant et antisémite, partisan acharné de la Collaboration.

4.Francs-tireurs et Partisans étrangers, issus de la Main-d'œuvre Immigrée.

plus tard remis à la Gestapo qui le fera exécuter ; le 2 mai, la police niçoise procéda à 17 arrestations de membres du Groupe Surcouf, ayant réceptionné un parachutage d'armes dans la vallée du Paillon, sept d'entre eux étant récupérés peu après par la Gestapo qui les déportera ; le 9 juin, ce furent des Miliciens qui interceptèrent les cinq élèves du Lycée de Garçons (Jacques ADAM, Césaire AUBE, Gilbert CAMPAN, Roger DEMONCEAU, Francis GALLO) de retour du maquis du Férion et arrêtèrent à Coaraze le ravitailleur du maquis Félix GIORDAN avant de les remettre à la Gestapo qui les fera exécuter.

Signalons que, pour venger leur secrétaire fédéral abattu par la Résistance, les Groupes d'Action du PPF obtinrent des Allemands la livraison de six détenus résistants (Eugène COURBET, André GRANDPERRET, Jean LAMY, Lucien MOLINE, Guillaume STUERGA, Rodolphe WARCHAWSKY) qu'ils abattirent sur les collines niçoises dans la nuit du 26 décembre 1943. D'autres GAPPF abattirent à Utelle Pierre MILLO et Victor SOLEILLET le 6 juillet 1944, au cours d'une opération de représailles.

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L'Ergot 6.11.1944

Quant au gendarme Jean GUYOT, de la brigade de Saint-Auban, il fut révoqué en janvier 1944 pour avoir laissé s'échapper trois réfractaires au STO ; arrêté quatre mois plus tard avec les membres du Groupe Surcouf, il ne revint pas de déportation.

Les autorités de Vichy furent donc directement responsables de la mort de quatre résistants et indirectement de celle de huit autres remis à l'ennemi, sans compter les huit victimes des GAPPF ; elles procédèrent à un total de 246 arrestations pour faits de résistance.

LA REPRESSION PAR LES AUTORITES ITALIENNES

(novembre 1942 – septembre 1943)

Les Carabiniers de la 4° Armata et les services de l'OVRA (commissaires BARRANCO et CERRATO) procédèrent à 1366 interpellations, dont 975 (notamment 711 Français, 92 Italiens antifascistes et 38 Polonais) donnèrent suite à des internements durables ou à des déportations. Dès le 4 janvier 1943, la caserne Salel de Sospel se transforma en camp de concentration, dirigé par le capitaine MIGLIAVACCA, hébergeant notamment 25 résistants antibois ; une centaine de « politiques » quittèrent le camp à la fin du mois d'avril pour le camp d'Embrun (comme Louis PIETRI) ou au début du mois de mai pour celui de Modane (comme Camille JENGER). Les personnes interpellées étaient interrogées à Cannes à La Malmaison, à Antibes à la caserne Dugommier, à Nice dans les villas Nobili et Lynwood, à Menton dans la villa Sainte-Agnès, les détentions ayant lieu aussi dans les casernes Gardanne (Carnolès) et Forty (Menton).

La villa Lynwood devint un centre régional de torture (surnommée rapidement « la villa des supplices »), accueillant du printemps à l'été 1943 plusieurs centaines d'Azuréens, de Varois et d'Isérois, dans l'attente d'une déportation directe dans la péninsule (comme Paul TUR et Gerald HAKIM)ou bien d'un jugement devant le Tribunal militaire de guerre de la 4e Armée.

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5. Service du Travail Obligatoire effectué depuis février 1943 par les jeunes gens de 20 à 22 ans en Allemagne.

6. Police politique du régime fasciste.  

La « spécialité » de la villa Lynwood était le « giro », à savoir un déplacement dans le couloir des caves, menottes aux poignets et chaînes aux pieds, sous un éclairage aveuglant et durant plusieurs jours sans s'arrêter, chaque ralentissement ou halte étant accompagné de coups de crosse, de pied ou de poing assénés par les Carabiniers sur diverses parties du corps, sans compter des bordées d'injures et des menaces de mort ; d'ailleurs, une inscription tirée de L'Enfer de DANTE « Voi ch'entrate lasciate ogni speranza » (« Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir ») figurait à l'entrée de l'escalier conduisant aux caves. Ferdinand BOURGAREL témoigne ainsi de son passage dans « la villa des supplices » : « Pas question de recevoir la moindre nourriture, ni de boire ou satisfaire les besoins naturels. Il fallait tourner comme un mulet aveugle attelé à une noria, tourner sans arrêt, le cerveau vide, les jambes flageolantes, les mains meurtries, les pieds gonflés. Quand l'un des malheureux participants de ce marathon infernal s'affaissait, vaincu par la fatigue et la douleur, des carabiniers lui jetaient à la figure des seaux d'eau et, à coups de bottes, à coups de casque, à coups de crosse, le forçaient à se relever » (L'ERGOT, 23 novembre 1944).

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La caserne Salel le 27.4.1943

 

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                                                                                          Plaque de la Caserne Hardy

 

Le Tribunal militaire, siégeant à Breil-sur-Roya dans la caserne Hardy, présidé alternativement par le général CAPELLI et par le colonel GARNERI, eut à juger 232 personnes (163 Français, 38 Italiens, 7 Polonais, 4 apatrides, 3 Allemands, 2 Bulgares et Roumains, 1 Britannique, Danois, Hongrois, Turc) pour faits de résistance, infligeant 6 peines capitales (la seule exécutée concerna le FTPF isérois Henri LANIER fusillé devant le cimetière de Crolles le 29 mai 1943), 2 peines supérieures à 22 ans de réclusion, 4 à plus de 11 ans, 40 de 6 à 10 ans, 57 de 3 à 5 ans, 65 de six mois à 2 ans et prononçant 47 acquittements. Parmi ces résistants jugés à Breil, seuls 67 résidaient dans les Alpes-Maritimes dont les 43 membres de l'Armée secrète passés en jugement les 27 et 28 août (26 condamnations de 6 mois à 5 ans comme le général BARDI DE FOURTOU, Conrad FLAVIAN, Pierre SEGUIN, Raymond COMBOUL, Jean ALLEGRE, René LEMARCHAND, Alphonse LAURON, Roger LEY, Eugène MARTIN, Marcel PADOLSKI, Roger SIMONIN, François SUSINI et 17 acquittements comme Jean PIERARD, Marcel RAYNAUD, Gérard STEINBERG, Josef TCHIPROUT).

Au total, 201 Azuréens furent déportés dans la péninsule, à Turin comme Michel DREVON, Gerald HAKIM et Paul TUR, à Cuneo comme Raymond COMBOUL et Eugène MARTIN, à Imperia comme Jean ALLEGRE, le général BARDI DE FOURTOU, Conrad FLAVIAN, Raymond PETIAU, Pierre SEGUIN et François SUSINI, à Sanremo comme le colonel BERNIS, Marcel PADOLSKI et Léon SLIWINSKI, à Vintimille comme Raymond GEISMAR et Richard WEIL, à la centrale de Fossano comme les FTP-MOI italiens (Serse GUIDI et Vincenzo LANZO y périssant des suites de mauvais traitements infligés).

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Plaque de la rue Victor Juge (Nice)

 

Signalons qu'au cours d'interrogatoires musclés menés par les Carabiniers, le FTP-MOI Luigi ROSSO périt sous la torture à Antibes le 29 juillet 1943, pendu par les testicules et que son chef Italo NICOLETTO ne dut son salut, à la même époque, qu'à l'intervention d'un médecin militaire des Alpini costieri tenant garnison dans la caserne Dugommier. Il nous a livré son témoignage : « On m'emmena dans une villa d'Antibes aménagée en local de torture par les carabiniers. L'adjudant qui m'avait arrêté à Nice était une bête fauve (...) Sept carabiniers m'assénèrent plusieurs coups de poing dans la figure. Je commençai à perdre du sang par la bouche. Puis les véritables tortures commencèrent. Ils disposaient d'une technique éprouvée : étendu par terre, ils me martelèrent durant des heures la plante des pieds où le système nerveux est particulièrement sensible, puis des coups de pied dans l'estomac, des coups de poing dans les testicules jusqu'à ce que je m'évanouisse. On me réveilla avec un seau d'eau et on recommença. Je m'évanouis trois fois au cours de la première nuit » (NICOLETTO, Anni della mia vita, p. 149).

Quant au cadre du réseau F2-Anne Georges MAKOWSKI, interpellé dans son appartement du 16 rue Verdi le 6 juillet, il sauta par la fenêtre, s'écrasant cinq étages plus bas sur le trottoir afin de ne rien révéler sur ses supérieurs résidant à Cannes et à Toulon.

LA REPRESSION PAR LES AUTORITES ALLEMANDES

(septembre 1943 – octobre 1944)

La Feldgendarmerie et la Section exécutive de la Gestapo procédèrent à 1229 interpellations de septembre 1943 à août 1944, les interrogatoires étant effectués à Cannes à la villa Montfleury, à Nice à la villa Trianon comme au quartier général de l'Hermitage, à Menton à la villa Anaïs, les détentions ayant surtout lieu dans les maisons d'arrêt de Grasse et de Nice.

Plusieurs détenus périrent sous la torture, notamment Léon NOEL (MUR ) à la villa Montfleury le 23 septembre 1943, Joseph ROSEMBAUM et Raymond FRESCO (UJRE ) les 11 et 28 novembre à Nice, de même que le FTPF Eugène GREGORINI le 24 novembre, Robert THIVIN (Combat) à L'Hermitage le 6 février 1944, Joseph LAJOUX (Groupe Jean Bart) et Ange FABRY à Grasse le 16 février et le 6 mars, Fernand CAMBROUSSE (réseaux Buckmaster et Marco Polo) à Marseille le 4 juin, sans oublier des maquisards capturés et achevés comme les FTPF Raymond BAILLE à Gourdon le 22 août, René ANTONIUCCI à Levens le 23 août, Jean GARENTE et Marcel RICHIER dans la même commune le 28 août.

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7. Mouvements Unis de Résistance regroupant en 1943 Combat, Libération et Franc-Tireur.

8. Union Juive de Résistance et d'Entraide.

Les tortionnaires nazis s'acharnèrent particulièrement (ongles arrachés, brûlures au fer rouge sur les seins et le dos, coups de nerf de bœuf, torture à l'électricité) sur la Cannoise Hélène VAGLIANO (réseau Tartane et MNRPGD ) du 29 juillet au 13 août 1944, qu'ils suspectaient de connaître la date et le lieu du débarquement en Provence. Le supplice de la baignoire était très utilisé pour obtenir des aveux. Les partisans de L'Albarea capturés le 9 août furent torturés trois jours durant dans la caserne Salel par les douaniers militarisés : « Interrogatoires musclés de jour et de nuit, sans manger ni boire, tortures, coups assénés en permanence avec un gros gourdin de bois vert dont l'écorce éclate, s'arrache et se couvre de sang. Les Sospellois entendaient les plaintes, les cris de douleur, les hurlements de souffrance, les appels au secours (...) Tous les raffinements de la cruauté furent mis en œuvre et, pour conclure, les barbares annonçaient à leurs victimes qu'elles étaient libres et pouvaient partir. Mais à mi-parcours, les brutes lâchaient les chiens bergers allemands qui se ruaient comme des fauves sur les malheureux, plantant leurs crocs puissants, excités par leurs maîtres, sous les rires des troupes cantonnées dans la caserne » (DTR N°12).

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                                                Plaque de Levens                                                                         Stèle du Carré des fusillés de Sospel

Des exécutions collectives caractérisèrent l'été 1944 : 11 résistants du Groupe François (Nonce CASIMIRI, Aimé et Roger MAGNAN), des CFLN (Jacques ADAM, Césaire AUBE, Georges BALDO, Gilbert CAMPAN, Gilbert DEMONCEAU, Francis GALLO, Félix GIORDAN) et des FTP (Albin BANDINI) à Saint-Julien du Verdon le 11 juin, 15 maquisards de L'Albarea (11 partisans italiens Garibaldi : Antonio BAZOCCO, Oreste FANTI, Armando FERRARO, Sergio FRANCESCHI, Pietro GAVINI, Bruno LAROSA, Luigi MARTINI, Michele PADINO, Bruno PISTONE, Alberto QUADRETTI, Mario RONCELLI et 4 Français les ayant rejoints : le Sospellois Mario TIRONI, le Breillois Alphonse ROSTAGNI, les Roquebrunois Adolphe FALDELLA et Jean TOLOSANO) à Sospel le 12 août, 10 membres des MUR et des réseaux à la villa Montfleury (Jean ALBERTINI, Concetta BIACCA, Gustave BINY, Pierre CHALMETTE, Alfred FROIDUROT, Georges KRENGEL, Marius MARTINI, Hippolyte SEGURAN tandis que Louis BALESI et Marcel NEYDORFF survécurent à leurs graves blessures, n'ayant pas reçu le coup de grâce) le 15 août, de même que 21 résistants membres des FTPF (Victor BOCCHIARDO, Joseph BODO, Edmond DUNAN, Maurice FLANDIN, Victorin HUGUES, Laurent LUQUET, Louis MACCAGNO, Jean-Baptiste MALAUSSENA), des réseaux (René BORGHINI, Hubert CHABAUD, Robert de LATTRE, Paul GUILLEVIN, Victor HARANG, Esther POGGIO, Maria RESCHKONSKI, Hélène VAGLIANO), de l'ORA (Auguste ROUX) ou des CFLN (André KRAEMER, Jacques RENARD, Abbé ROBINEAU, Gaston TARDIEU) à L'Ariane le même jour, 12 résistants (Robert GIOVAL, Roland MAUGGER, François MOSCHETTI, Valentin TRUCCHI ) et otages (Francis MARIA, Baptiste MARTEL, Jean-Baptiste MAZZO, Jean-Baptiste

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9. Mouvement national de résistance des prisonniers de guerre et déportés.

10. Corps Francs de la Libération Nationale, branche armée des MUR.

11. Organisation de Résistance de l'Armée.

OTTO-BRUC, Charles ROUBAUDI, Charles et Louis ROUX-GUISTO, Baptiste VENTRESCA) au col de Turini et à L'Authion le 31 août. Signalons que, après la libération de la Côte d'Azur, le tribunal militaire allemand de la 34e ID, siégeant à Saorge, condamna à mort six partisans ligures Garibaldi (Giuseppe ALBERTI, Domenico ADDO, Michele CONTE, Guido CASELLI, Giovanni GRIBALDI, Cesare PAGLIARI) capturés dans la vallée de la Roya et fusillés au quartier Ambo le 24 octobre.

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Deux expéditions punitives frappèrent les villages de Puget-Théniers le 3 mai et de Gattières le 3 juillet. Dans le premier cas, deux résistants locaux (Félicien CHARVIN, Jean BONNET) furent fusillés sur la route du col Saint-Raphaël, 34 jeunes gens envoyés au STO et 4 déportés vers les camps de concentration d'Oranienburg et de Buchenwald, tandis que l'usine Brouchier était incendiée et que tous les postes de radio étaient confisqués. Dans le second cas, le 31 mai, 17 jeunes furent envoyés au STO et cinq dans un camp disciplinaire tandis que le 3 juillet, 32 autres Gattiérois furent envoyés auprès de l'Organisation Todt en Normandie, le village menacé de destruction et 6 otages (parmi lesquels le maire) conduits à la villa Trianon : deux d'entre eux, les FTPF Séraphin TORRIN et Ange GRASSI, furent condamnés à mort quatre jours plus tard à l'hôtel Ruhl et pendus devant plusieurs centaines de personnes aux réverbères de l'avenue de la Victoire , à l'angle de la rue Hôtel des Postes et de la rue Maréchal PETAIN , leurs corps demeurant exposés durant trois heures afin de terroriser la population du chef-lieu.

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                  Plaque de Saorge-Ambo 

 

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                                                           Plaques de l'avenue Jean Médecin

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12. Service allemand construisant les Murs de l'Atlantique et de la Méditerranée.

13. Aujourd'hui Jean Médecin.

14. Aujourd'hui rue de la Liberté.

 

On considère que 142 résistants ont été exécutés dans les Alpes-Maritimes, 169 en ajoutant les morts sous la torture et les achevés. Les déportations vers les camps du III°Reich concernèrent 397 résistants sur lesquels 177 ne revinrent pas de « la nuit et du brouillard », notamment le commissaire divisionnaire CUENOT (réseau SSMFTR), les inspecteurs de police CAPPELLUTI et SERRA (réseau Ajax), le colonel BRES, les commandants AUTRAN et POURCHIER, le capitaine DUJAT DES ALLIMES (réseau Alliance), René SAINSON (réseau Jove), Raoul ATTALI, Maurice DERCHE et Philippe ROCHAT (MUR), Pierre BERTONE (réseau Buckmaster), André MANSON (réseau Tartane), le colonel JOURNOIS (ORA), René MATAN et Hilaire VIGON (FTPF), Amédée BLACHERE, Raphaël CALVIA, Jean GUYOT, Joseph PASSERON et Joseph THAON (Groupe Surcouf). Parmi les déportés en Italie, plusieurs dizaines furent récupérés par les Allemands dans les géôles ligures ou piémontaises et transférés dans des camps du III° Reich, d'où ne revinrent pas douze d'entre eux : le général BARDI DE FOURTOU, Elie LEVY, Roger SIMONIN, Oskar CHWATKOWSKI, Raymond GEISMAR, Josef LOEBELSOHN, Arthur MARKUS, Paul SZANTO, Josef TCHIPROUT, Jan WEISS des MUR, ainsi que les FTP-MOI Felice GUENNO et Nicola MAGLIANO.


 

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Plaque de la rue d'Italie (Nice)

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Stèle du préau de l'école Pierre Merle (Nice)

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Plaque du Boulevard Dubouchage (Nice)



Lieux de mémoire toponymiques de résistants azuréens fusillés ou morts en déportation

Arcades Torrin et Grassi (Nice)

Avenues Charles Alunni (Contes), Yves-Emmanuel Baudoin (Grasse), Pierre Chalmette (Vallauris-Golfe Juan), Maurice Derché (Cannes), Jacques Mollet (La Trinité), Philippe Rochat (Antibes)

Boulevards Raoul Attali (Mandelieu), Commandant Autran (Grasse), Colonel Pourchier (Beuil), Clément Rebuffel (Mougins), Lazare Settimelli (Villefranche)

Collège Pierre Bertone (Antibes)

Descente Paul D'Ortoli (Contes)

Ecoles Paul Guillevin (Menton), Pierre Merle (Nice), Clément Rebuffel (Mougins), Hélène Vagliano (Cannes)

Impasse Hippolyte Séguran (Cagnes-sur-Mer)

Jardins Jean Lippmann (Nice), Louis Maccagno (Nice), Richier-Garente (Levens)

Passage Paul Galeotti (Cannes)

Places Richier-Garente (le Broc), François Gastaut (La Trinité-Laghet), Commandant Gerome (Nice), Félix Giordan (Coaraze), Commissaire Harang (Roquebrune-Cap Martin), André Kalin (Grasse), Jean-Baptiste Malausséna (Nice), Joseph Pallanca (la Roquette-sur-Siagne), José Thomas (La Roquette-sur-Siagne)

Pont Césaire Aubé (Saint-André de la Roche)

Rond-Point Laurent Luquet (Nice)

Route Thomas-Pallanca (Mouans-Sartoux)

Rues Tony Allard (Cannes), des Frères Funel (Villars-sur-Var), Francis Gallo (Nice), Adrien Graglia (Cagnes-sur-Mer), Pierre Graglia (Cannes), Jean Gras (Cannes-La Bocca), Victor Maurel (Belvédère), Marius Monti (Cannes), Léon Noël (Cannes), Henri Paschke (Cannes), Louis Perrissol (Cannes et Saorge), Marcel Richier (Carros), Alphonse Rostagni (Breil), rené Sainson (Nice), Jean Sideri (Saint-Martin du Var), Robert Thivin (Nice), Torrin et Grassi (Gattières et La Colle-sur-Loup), Hélène Vagliano (Cannes), René Viglieno (Cannes)

Salle Salusse-Santoni (Antibes)

Squares André Kraemer (Beausoleil), Docteur Lévy (Antibes)

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                                                   Colomars 

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                                          Beuil

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        Nice

 

 

 

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Plaque de l'avenue Edith CAVELL (Nice)

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Stèle du Col Saint-Raphaël (Puget-Théniers)

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Stèle de la rue Robert Thivin (Nice)

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Stèle de Bar-sur-Loup

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Monument de Saint-Julien du Verdon

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 Cérémonie du 15 août 2010 à L'Ariane : l'arrivée des porte-drapeau