logo_ami
     
Accueil Joseph Arnaldi
Joseph Arnaldi

> Retour



Joseph Arnaldi,
l'attachante figure d'un jeune chef de groupe de Résistance à Nice


Nos sources :

Cette note biographique a été établie grâce aux témoignages de François Arnaldi, frère de Joseph, de Raymond Bailet, membre du groupe des étudiants jusqu'en jui 44 et de Laurent Grimaldi, membres des GFR

 

 

 

Notes de lecture :

(1)
Dans une lettre à sa mère, en juillet 1944, Joseph Arnaldi délcare : "Je n'aime pas le maquis". Rappelons que certaines organisations de résistance étaient hostiles, en effet, à ce qu'elles appelaient "la fuite hors des villes".
Cousin-Parent, chef départemental des Corps-Francs de la Libération, écrivait en 1952 que "Joseph Arnaldi avait été à ce moment-là, chargé d'une mission par le chef FFI".
Retour au texte

(2)
En 1947, le groupe "Jojo" fut inscrit parmi les unités combattantes des F.F.I. des Alpes-Mariimes pour la période du 1° au 28 août
Retour au texte

 

 

 



Documents :

Lettre ouverte des Etudiants de l'Université de Paris et des GRandes Ecoles au Maréchal de France, chef de l'Etat français

Document écrit par Joseph Arnaldi sur le cahier de texte du Lycée.

 

Joseph Arnaldi (1926-1944)

Joseph Arnaldi est né à Beausoleil le 2 août 1926. Il avait 14 ans lors de la défaite de 1940. M et Mme Pierre Arnaldi habitaient à Nice le quartier Saint-Roch, rue Bailet, devenue après guerre, rue Joseph Arnaldi. Ils avaient quatre enfants. M. Pierre Arnaldi était chef de réception aux magasins Uniprix.
Joseph, élève au lycée Masséna de Nice, pendant les années 1938-1944, constitua au fil des ans, mais surtout à partir de l’occupation italienne, fin 1942, avec une dizaine de ses condisciples, un groupe indépendant de Résistance dont il prit la direction. Ses camarades l’appelait « Zef ».
Ont appartenu à ce groupe Césaire Aubé, Gilbert Campan, Roger Demonceaux, Francis Gallo, Raymond Bailet, Bernard Audibert, Robert Sirotti, Georges Hadacek, René Gilly, Jean-Paul Emmanuelli, Francis Cristelli, Guy Gueriel.

Agissant parfois en liaison avec les corps-francs de la Libération (groupes Parent) lorsqu’ils furent constitués, Arnaldi et ses camarades effectuèrent, en 1943 et 1944, auprès de leurs camarades de lycée et à l’extérieur, un travail d’action résistante, avec diffusion du journal « Combat » et reproduction et diffusion de textes. Ils reproduisirent à la main et diffusèrent la « lettre ouverte » des étudiants de l’université de Paris à Pétain, à l’occasion de l’institution du Service du travail obligatoire en Allemagne. Ce texte dit notamment : il ne manque pas chez nous de forêts et de montagnes accueillantes pour attendre l’heure prochaine où nous pourrons prendre place dans l’armée française de la libération nationale.

Le groupe de Zef entreprit de rassembler des armes, par exemple deux mitrailleuses italiennes prises au col des Banquettes et transportées, démontées, sur les vélos ; allant même jusqu’à repêcher des armes jetées à la mer par les soldats italiens rentrant chez eux à la fin de 1942. Ces armes étaient entreposées à la caserne St-Jean d’Angély (un parent d’un des étudiants y travaillait), ou dans une cave de l’Ecole Papon dont la mère de Robert Sirotti était la directrice.

Ils rassemblèrent des renseignements avec plans et photos sur les fortifications italiennes puis allemandes de la côte, celles du Château de Nice, notamment. Ces renseignements étaient acheminés, par les soins de René Grandfond dit « le Parisien », vers le service interallié à Genève, dirigé par le colonel Groussard (« Gilbert »).

Dans une consigne à ses camarades, au printemps 1944, « Zef » écrit : … vous ne devez pas vous désespérer parce que le débarquement tarde… Au contraire nous devons continuer la lutte… nous ne devons pas laisser le boche tranquille. Nous devons le harceler au contraire…

Pour communiquer avec ses camarades, Joseph opérait de la façon suivante : il écrivait ses consignes sur son cahier de textes, parmi les indications de devoirs et de leçons données par ses professeurs, et faisait circuler ce cahier parmi les membres du groupe.
Au mois de mai 1944, à l’âge de 17 ans et demi, Joseph réussit son baccalauréat avec mention Bien.

Au début de juin 1944, le groupe de lycéens fut informé qu’un rassemblement maquis se préparait au mont Férion, avec parachutage d’armes, et qu’un message codé de la B.B.C donnerait l’ordre de départ. Ce rassemblement était organisé par l’O.R.A. (Organisation de Résistance de l’Armée) et par les Corps-francs de la Libération. Le message passa lors du débarquement en Normandie. Un ordre de départ fut donc donné par les organisateurs du rassemblement. En particulier, Joseph Canessa, chef du groupe « Combat » du Vieux-Nice, donna l’ordre de départ à son cousin Francis Gallo.

Cinq membres du groupe présents à Nice : Césaire Aubé (né à Menton le 30 avril 1927), Gilbert Campan (né à Paris le 19 décembre 1927), Roger Demonceaux (né à Nice le 28 avril 1926) et François Gallo (né à Nice le 28 juillet 1926) accompagnés jusqu’à Bendejun par Bernard Audibert, partirent le 7 juin.

Avant de partir, Roger Demonceaux écrit une lettre à ses parents : « Je regrette de vous faire de la peine … l’heure a sonné de tous se serrer pour libérer notre pays…que ceux qui sont des hommes le prouvent… »
Césaire Aubé écrit à son père gendarme à Nice, le 7 au soir : « tu as fait la guerre, et lorsque tu es parti, tu avais mon âge… Je ne suis pas le seul à partir, Francis, Roger et tous les copains sont avec moi… Nous sommes bien arrivés… »

Joseph Arnaldi se trouvait au départ, mais ne partit pas (1) . Dans une lettre à sa mère datée du 1° août, il dit : « j’étais au courant de leur départ, je les ai aidés tant que j’ai pu, je les ai accompagnés aussi loin que je le devais ; il ne dépendait pas de moi qu’ils restent à Nice… Je ne suis pas responsable de ce qui leur est arrivé… »

Le parachutage n’eut pas lieu, et l’ordre de dispersion fut donné. Les quatre jeunes gens furent arrêtés sur le chemin du retour, soit par la Milice française, soit par les Allemands en pleine opération d’encerclement et de répression.

Jacques Adam (né le 13 avril 1921), responsable, sous le nom de Quersac, dans les Corps Francs de la Libération (groupe Parent) et ancien élève de leur lycée, fut arrêté lui aussi au retour du Férion.

Torturés par la Gestapo, ils ne parlèrent pas. Emprisonnés à Nice, ils furent extraits de prison par les Allemands le 10 juin, avec d’autres résistants, emmenés dans la nuit à Saint-Julien du Verdon et fusillés par mesure de représailles après les pertes que les maquisards des Basses-Alpes leur avaient infligées aux alentours de ce village, quelques jours avant.
A Nice, Joseph Arnaldi, très affecté par la disparition de quatre de ses camarades (ils ignoraient à ce moment là leur sort), menacé d’arrestation, fut contraint par son père de quitter Nice et de rejoindre sa mère, ses frères et sa sœur à Castres, dans le Tarn, où ils s’étaient réfugiés depuis janvier sur les indications d’une religieuse du Grand séminaire de Nice.

Joseph apprit là-bas, par une lettre, la mort de ses camarades. Il revint seul, fin juin, avec une résolution de plus en plus affirmée. Il reconstitua un second groupe de Résistance, qu’il appela au mois d’août « groupe Eclair», mais qu’on appela plus tard « groupe Jojo » (2), et qu’il affilia, en juillet, aux «Groupes Francs de la Résistance », commandé à Nice par Armand Rottenberg (« commandant Ro »).

Joseph Arnaldi participa, au sein des G.F.R. à des actions diverses contre l’occupant et aux combats de la libération de Nice, le 28 août 1944 dans le centre de la ville : bd Raimbaldi, rue de Paris, rue Assalit, sous les ordres du commandant Max (Vic), un ancien officier de l’armée républicaine espagnole.
Le 6 septembre, il écrit à sa mère restée à Castres : « Nous avons dû nous battre pendant deux jours, mais au lendemain du troisième, les Allemands sont partis sans tambour ni trompette et le lendemain nous avions le plaisir de voir arriver les Américains… A Nice, les maquis n’ont absolument rien fait… Les gens ont été vraiment courageux. Je n’aurais jamais cru ça d’eux. Ils se sont battus contre les Allemands avec des revolvers et les autres avaient des canons et des mortiers…Maintenant, je suis dans les FFI comme chef de groupe franc. J’ai 80 hommes sous mes ordres, une voiture et un moto ».

Il n’avait plus qu’une idée en tête : poursuivre l’ennemi. Venger ses camarades fusillés. A-t-il cherché délibérément la mort ?
Le 12 septembre, il est à Beausoleil où il demande aux GFR locaux une voiture pour aller, dit-il, « faire sauter le pont de la voie ferrée à la Mortola », car il craignait le retour des Allemands.

Le 16 septembre, il est au fort du Mont-Angel. Avec trois de ses camarades, il se rend à Menton. Il s’avance sur la voie ferrée qui longe la mer, sous le pont Saint-Louis, à la frontière, au-delà des lignes américaines. Un tireur allemand l’abat d’une balle dans le ventre, pendant que César Bollietto, dit « Jean », du Cannet-Rocheville, saute sur une mine. Marcel Fousse et « Toto » sont blessés par éclats.

Sur l’intervention de son père qui se rendit sur les lieux une semaine après, l’armée américaine ramena le corps de Joseph Arnaldi à Nice. Les obsèques solennelles de Joseph Arnaldi, héros de dix-huit ans, célébrées à l’église Nitre-Dame de Nice, furent, avec celles des cinq étudiants, parmi les cérémonies les plus émouvantes de la période de la Libération. [haut de page]

Douments-Témoignages-Recherche

publié par le Musée de la Résistance Azuréenne
http://resistance.azur.free.fr
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.